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BELIZE

- 26 mai au 13 juin 2004 -

Au pays des Sula-Sula et du Blue Hole!

Même si le Belize, ex-Honduras britannique indépendant depuis 1981, est frontalier du Guatemala et il nous faut un temps infini pour sortir de l'immense baie où se situe Livingston que nous quittons aujourd'hui. Le courant et le vent ne nous aident pas et nous tirons un bon nombre de bords avant de voir disparaître le continent et apparaître enfin des îles. Nous ne faisons pas d'entrée au Belize puisque nous avons opter de rester uniquement dans les îlots coraliens de cette immense barrière de corail longue de 238km.

Naviguer au Belize nécessite une grande prudence, les récifs y sont nombreux et pas forcément tous indiqués sur les cartes! nous croisons cependant quelques catamarans des bases de locations. Hormis quelques catamarans de location, nous ne croiserons guère de monde, juste un ou deux voiliers remontant sur le Mexique, ou descendant sur Rio Dulce au Guatemala.

Après une trentaine de mille nous passons la nuit dans un mouillage minable, qui nous oblige a trouver mieux le lendemain. Nous découvrons une jolie mangrove super abritée, idéale pour ancrer et nous sommes obligés de nous y reprendre a plusieurs fois, le fond est relativement profond et cela n'accroche guère mais a force de tirer sur l'ancre on finit par tenir! Pour une mangrove l'eau y est relativement claire, il paraît même qu'il y a des crocodiles. Nous n'avons pas vérifié ! Il n'y a pas âme qui vive aux alentours, le calme est là, à la fois pesant et vivifiant, les oiseaux sont seuls maîtres de cet immense territoire de verdure émergeant à a surface de la mer.

Tobacco Range est un joli petit mouillage d'un calme exceptionnel mais à l'accès délicat et il nous faut faire un peu de slalom entre les patates de corail à fleur d'eau avant de pouvoir manoeuvrer aisément dans ce bras de mer bordé de mangroves. On peut y pénétrer d'un côté et ressortir de l'autre, amarré montante et avec un faible tirant d'eau on se fait un peu moins de frayeur! Nous ancrons au beau milieu. Un petit hôtel, vide au moment de notre passage, occupe un bras de mangrove et la brise qui souffle constamment a mis en déroute tous les iens-iens, nonos ou moustiques! Un type tout seul vit la, tranquille avec ses deux chiens. On ignore d'ailleurs comment les touristes arrivent jusqu'à lui mais cela n'a pas l'air de le troubler le moins du monde!

Eco lodge au paradis!

Non loin du bateau, un manatee (lamantin) plonge et replonge avec une régularité impressionnante, herbivore et apnéiste hors pair, il ferait pâlir tout adepte de cette discipline avec des apnées de près de 5 minutes. J'essaye d'approcher e cet animal qui a du poil au menton et qui, d'après les légendes, a fait tourner la tête de plus d'un marin!, et même s'il est complètement miro, la brave bête m'a repéré et nous ne trouvons comme traces de sa présence que les immenses allées ou l'herbe a totalement disparu, broutée par ce sirénien aussi délicat qu'un bulldozer.

Nous mettons le cap sur Turneffe Island. Le vent souffle à 25 noeuds et si nous étions protégés jusqu'à présent en naviguant sur l'intérieur du reef, la c'est une tout autre affaire. Nous sommes obligés de tirer des bords avant de voir enfin le reef de Turneffe Island apparaître. Nous le longeons et empruntons la passe qui nous permet d'accéder à l'intérieur. Dans pas d'eau, entourés d'un groupe de dauphins, nous ancrons. Les bateaux de plongées passent et repassent dans un ballet étourdissant. Il est vrai qu'au Belize, on plonge!

Turneffe Island Reef - Maison de pêcheurs abritée du reef

Quelques resorts poussent ça et là et sont bien souvent exclusivement tournés vers la plongée. Les îles Turneffe ne disposent d'aucune piste d'atterrissage et pour faire les appros comme pour récupérer leur clientèle les hôtels disposent d'embarcations puissantes et font des va et vient avec Belize City situé a une vingtaine de mile nautiques.

rien que du rêve!

Le vent et la houle sont tombés, nous en profitons pour nous aventurer en dinghy sur l'extérieur du reef et plongeons sur le wall. Pas besoin d'ancrer, on s'amarre sur une bouée de plongée. Les îles Turneffe font partie de la réserve marine donc les poissons sont bel et bien là. Nous ne sommes d'ailleurs pas tout seuls, les dive boats des resorts alentours sont tous la mais personne ne nous déloge de la bouée. Celui qui avait prévu de prendre notre bouée met ses gens à l'eau plus loin et reste sur moteur avant de les récupérer sur une autre bouée. Plutôt sympa! Fairplay british!

une raie léopard nous ignore sur son passage - tête de corail

Nous quittons Turneffe Islands pour Lightouse reef. Nous n'en finissons plus de longer les îles Turneffe qui sont immenses et possèdent trois lagons. Nous sommes doublés par les rapides bateaux de plongées, qui chaque jour ou presque plongent sur les reefs de Lighthouse et également sur le Blue Hole. Nous atteignons Long Key où les bouées de plongées s'égrainent le long du reef et nous mouillons à l'intérieur du reef a l'abri du vent mais surtout de la houle. Il fait vraiment beau et l'eau est transparente. Nous restons là quelques jours et chaque jour nous plongeons, gonflons, plongeons!.

Ce wall est surprenant de vie, d'activité. Les poissons un peu plus farouches, ici ça pêche!!!

Un pêcheur pris au piège, ici pas de fusil!! - Sublime poisson ange - Tranquille tortue


Des bateaux de plongées offrant des séjours complets semblent ne pas décoller du coin, bon mouillage et bonnes plongées!, bien qu'eux soient mouillés sur l'extérieur !

Après avoir bien profite du coin, nous allons sur Half moon Key. Ici, pas de resort! L'accés est un vrai casse tête, peu d'eau et des coraux affleurants partout ou l'oeil se pose, du vent et une passe pas vraiment bien balisée, quand au mouillage il y a mieux aussi puisque nous nous retrouvons parallèles a la plage, mais ça tient bon!

Iritis au mouillage de Half Moon Key

Half moon key est un sanctuaire pour Sula-Sula, mais non ce n'est pas un cri de guerre, il s'agit seulement d'une espèce de fous à pieds rouges. Iil y a également comme locataires ces voleuses de frégates. Quelques pêcheurs vivent ici ainsi que le responsable de cette réserve. Les bateaux de plongées font uniquement escale ici et apportent leurs nourriture et boissons fraîches ici pas de commerce! Une fois tout le monde rassasié, ils repartent soit vers une autre plongée soit rentrent dans leurs resorts. Alors l'île retrouve son calme, son aspect naturel et redevient le royaume de ces oiseaux venus nicher et élever leurs jeunes.

Au pays des Fous à pieds rouges, Sula-Sula !

Nous allons à la rencontre de ces fous aux pieds rouges, espèce que nous n'avons jamais observé auparavant. Dans le ciel une bataille rangée a éclaté entre un jeune fou et deux voraces frégates qui tentent de lui voler sa pêche en lui tirant les ailes de leurs becs longs, crochus et puissants. Ce jeune apprend ainsi, à ses dépends, la rude loi de la nature, et s'il avait imagine s'en faire des copines, c'est plutôt raté. L'amitié de la frégate s'arrête sans doute la ou la bouffe entre en jeu! Ces frégates sont de grands prédateurs, attendant que d'autres oiseaux ait capturé un poison pour le leur voler coûte que coûte, rapides et majestueuses dans leur vol ou rares sont leur coup d'ailes, elles planent au dessus de l'eau l'effleurant a peine du bec ou montent en pompe a des altitudes vertigineuses, disposant d'une vue aussi perçante que certains rapaces. Elles repèrent alors les gros poissons poursuivant des petits et parfois arrivent à capturer d'un coup de bec ces petits poissons.

Mesdames les Frégates nous observent!

Les fous n'en sont pas moins spectaculaires dans leurs vols. Lorsqu'ils volent en surface ils semblent effleurer l'eau du bout de leurs ailes. Leurs plongeons sont fantastiques, ils grimpent parfois a plus de 30 mètres d'altitude et opèrent un piquet impressionnant en repliant leurs ailes pour mieux pénétrer dans l'eau et c'est en remontant à la surface qu'îls pêchent en s'aidant de leurs palmes pour nager et poursuivre leur proie. Inutile de dire que les frégates les attendent à la surface ! !

A Half moon key il n'ya que des fous a pieds rouges, et ces fous nichent sur des arbres. On peut les observer a moins que ce ne soit eux qui nous observent tranquillement, habilement posés sur une fine branche, jetant sur nous leurs regards bleu-gris glacé. Les adultes sont blancs immaculés et le bout de leurs ailes est noir, la tête porte des couleurs jaunes d'or. Ils portent la tête haute et le regard altier, mais leurs pieds palmés rouges leur donne plutôt l'air clownesque ! Quelques frégates ont réussi à nicher au beau milieu des fous et leur rejeton, unique, est tellement immense qu'il parait assez gauche, bien que son bec soit dissuasif! Les jeunes fous ainsi que les jeunes frégates restent 6 mois au nid et à l'époque ou nous sommes ils perdent leur duvet au profit de belles plumes, ce qui leur donne un aspect très peluche. Munie de mon 300, je mitraille ces fous aux pieds rouges que l'on retrouve uniquement dans les zones tropicales des océans Indien, Atlantique, et à l'ouest et au centre de l'Océan Pacifique.

Sula-Sula, pas si fou!

Half Moon Key nous offre son calme, sa plage désertée des touristes plongeurs où les iguanes peuvent aller et venir, paresser au soleil couchant en attrapant ça et là quelques moustiques dont ils sont très friands. A en juger la grande population d'iguanes il doit y avoir ici une forte concentration de moustiques...

Gardien de ponton local!

Nous quittons ce repaire de vie animale pour aller sur le Blue Hole. Ah, ce fameux Blue Hole, rendu célèbre par les travaux et plongées de l'Equipe de feu Monsieur Le Commandant Cousteau! Ce presque parfait trou bleu, visible sûrement de très haut, qui n'a pas rêvé une seconde se transporter au pied du Blue Hole, revêtir son attirail de plongée et hop, piquer une tit' tête là dedans, juste pour faire comme les grands de l'Equipe... Et bien, maintenant nous aussi on peut dire qu'on l'a fait. On a pris notre Iritis, mouillé juste à 10 mètres du trou bleu le plus célèbre du monde, mis tout notre matos sur nous et plouf, à l'eau!!!

Alors là, que de déception, pas de visibilité, ce n'est bien qu'un trou et malgré tout le respect dû aux scientifiques de tous bords sur ce phénomène géologique d'effondrement de la croûte terrestre quasi unique au monde,s il n'y a rien à voir ! ! même les poissons ne s'y promènent pas, hormis une murène qui monte la garde sur la paroi qui certes descend à 128 mètres, et trois ou quatre mérous de taille fort respectable mais qui semblent avoir sombre dans la folie et passent leur temps a monter et descendre a une vitesse impressionnante, pas de végétation et le peu qu'il y a est recouvert d'un épaisse couche de sable comme toute la paroi d'ailleurs, quand aux stalactites ma foi, bien usées pour le peu que l'on voit à une profondeur respectable et plus on descend moins on y voit!!

En bref, il vaut mieux monter en haut du mat pour admirer la perfection de ce blue hole de 400 m de diamètres, le spectacle prend alors toute sa valeur et une autre dimension. C'est tout simplement magnifique, les dégradés de bleus exceptionnellement uniques, l'eau parait alors limpide et la vue imprenable! Il y a sûrement un business a faire!!

Le Blue Hole vu de notre mat, pas suffisamment haut pour tout avoir!

 

Pour se réconforter Jean Luc chasse sur le reef non loin et ramène un bon gros nassau grouper et un capitaine avant de mettre le cap vers North Key. Une onde tropicale nous surprend alors que nous tâtonnons dans le champ de mine qu'est ce bank, la visibilité n'est pas excellente et il faut quasiment être le nez sur le récif pour le voir. Nous jetons l'ancre en attendant que l'onde s'efface tout en gardant un oeil sur le reef qui émerge juste derrière nous, avant de pouvoir continuer notre labyrinthe de patate et trouver un mouillage abrité " Sand Bar island ". Alors là, une fois encore, il est de bon ton d'avoir un faible tirant d'eau!! Un judicieux slalom nous entraîne jusqu'à une passe si étroite qu'on a la vague impression qu'on va beacher Iritis, puis une petite baie, avec une belle patate au milieu histoire de ne pas oublier d'où l'on vient, et enfin un ponton. Nous voulions mouiller mais le pêcheur nous le déconseille. L'endroit est si petit que nous risquerions d'empêcher les barques de pêcheurs de rentrer! Nous nous amarrons au ponton. René, le pêcheur Belizéen, nous accueille dans un anglais superbe et nous invite à aller à terre quand nous le désirons.

Sur l'île, un phare, la maison du gardien, de René et quelques autres. L'île est d'une propreté exemplaire. René nous dit que dans ses moments libres il se charge de la nettoyer. Les cocotiers sont nombreux et de par ce fait les noix de coco affluent. Une impressionnante machine qui ne semble plus fonctionner servait à extraire l'huile des coco et en effet une vieille odeur de coco rancie émane de ce coin là. Les pêcheurs et le gardien vivent sur l'île à l'année et ne retournent à Belize city que trois fois par an, Noël, la fête de l'indépendance et pâques, mais passent jour de l'an sur l'île.

Sand Bar Island

 

Les pêcheurs vendent leur pêche au resort situé sur l'Ile d'en face et ce petit resort qui appartient à un américain, n'emploie que du personnel belizéen, à dominante rasta, qu'il s'agisse du personnel hôtelier, de maintenance ou encore des instructeurs de plongée. Le resort possède un terrain d'aviation ce qui facilite le fonctionnement de l'hôtel et permet aux pêcheurs de Sand Bar Island de profiter parfois de l'avion de l'hôtel pour retourner à Belize city afin d'éviter de faire 2 heures de banana boat, surtout par mauvaise mer!

Nous passons plusieurs jours au milieu de ces hommes dont la vie est simple, on en oublie le temps qu'il fait à l'extérieur, tellement le mouillage est abrite.

Mouillage abrité en cas d'ondes tropicales, à retenir!

 

Devant le bateau, on découvre à marée basse un petit zoo naturel où les gravelots et autres limicoles viennent essayer de dénicher quelques vers, les hérons blancs et cendrés pêchent du haut de leurs grandes pattes, les Balbuzards survolent la mer en quête d'un poisson qu'ils prendront dans leurs serres et dévoreront confortablement installés sur le panneau solaire du phare, en émettant de petits cris perçants, sans doute satisfaits d'avoir à donner du travail à René qui montera une fois de plus nettoyer le panneau. Le spectacle de la vie de l'île s'achève avec le coucher du soleil, les lumières s'éteignent alors, les panneaux solaires ne servent ici que pour le phare et la radio

Puis vient pour nous le temps de quitter ce petit paradis pour la Isla de las mujeres dans la presqu'ile du Yucatan au Mexique, notre ultime étape avant les Etats!!

Le Belize nous a révélé de sublimes îlots cachés, nous avons volontairement évité toute zone habitée, comme Ambergris, ou le continent. Nous voulions plonger et nous l'avons fait. Les Bélizéens que nous avons rencontrés très british, très courtois, serviables et d'une gentillesse extrême, donnant toute sortes de conseils, nous ont ravi.

 

Nous n'avons pas la prétention de dire que nous avons fait le Belize, oh non! nous l'avons juste traversé et il nous invite ainsi a y revenir. Les paysages coralliens sont somptueux, les îlots ou le vert de la mangrove ne parvient pas a assombrir le bleu turquoise des eaux qui l'entourent, les plongées superbes, les belizéens rencontrés, en font une destination à retenir, d'autant que les mouillages sont plutôt déserts. Prenez en bonne note, on ne sait jamais!