"On croyait tout savoir de Cuba, tout avoir entendu, tout avoir lu.... Nous sommes arrivés parés de nos guides touristiques , guides de navigation, et force nous a été de constater que, bien que relativement récents, les choses avaient changé et sont en constante évolution! Les ports d'entrée déplacés, les clearances, etc.. En bref, nous entrions dans un autre monde! Surprenant et pourtant semblable à ce à quoi nous nous attendions..."
Cuba, nous avons enfin fini par mettre le cap dessus! Après une navigation de nuit et environ 60 miles, les côtes Cubaines se dessinent droit devant nous.
Nous avons prévu de faire notre entrée à Bahia de Naranjo, qui comme trois de nos guides l'indiquaient, était un des ports d'entrée de la côte nord-est et nous nous enfonçons dans cette immense baie, puis atteignons ce qui doit être la Marina Naranjo. Un peu désert quand même, pas l'ombre d'une marina à l'horizon. Nous tentons de mouiller dans un fond de vase et nous chassons. Au bout d'un moment, un bateau de plongée vient nous avertir que la marina a été déplacée à PuertoVita, 4 miles nautiques plus loin.
La Marina Vita et les guarda frontera restent muets à nos nombreux appels VHF. Située au fond de Bahia Vita, dans un dédale de mangrove, la marina nous adjoint un dinghy de reconnaissance pour nous guider, pourtant nous devons reconnaître qu'à Cuba on n'a pas lésiné sur la signalisation! Un vrai rêve pour le plaisancier. Des bouées rutilantes et vraiment peintes en rouges, non rouillées, toutes munies de panneaux solaires!! Du tout neuf ou presque, vous dis-je!! On n'en revient pas!
Marina Internationale Vita- Puerto Vita - Holguin -21°05'48"N -75° 57' 36" W
Un accueil de rêve nous fait oublier, un temps, tout ce que nous avions entendu ou lu jusque là. Nous sommes les premiers clients de la saison et pour marquer l'événement la Marina nous offre, une fois le festival d'autorités terminé, une bouteille de Rhum Havana Club, of course!
Au delà de toute attente on peut dire que les choses se sont passées relativement bien et que notre idée de faire notre clearance via une marina internationale a réellement simplifié les formalités d'entrée.
La Clearance
Le premier à monter à bord fut le docteur, vérifiant que nous étions en bonne santé, ne transportant aucun virus sur nous et nous donnant l'autorisation d'ôter le pavillon jaune. En revanche, le Harbor Master, à passé le bateau en revue, sans omettre un équipet, soulevé tous les couvercles de coffres, fureté dans tous les coins et recoins du bateau et Dieu sait s'ils sont nombreux, restant surpris devant les caisses de pièces de rechanges et d'outils stockés sous notre couchette...
Ensuite l'agriculture a inspecté notre bouffe. Là encore, moins d'inquiétude que nous ne l'avions imaginé. On nous avait effectivement laissé entendre que tous les produits frais nous seraient purement et simplement confisqués. Nos 3 douzaines d'oeufs frais des Bahamas, le jambon, les saucisses fumées polonaises emballées sous vide, et le fromage. Rien de tout cela n'a semblé intéressé notre homme. Il a semblé uniquement soucieux de la provenance de nos légumes! Pommes de terre, oignons, ail, potiron. Origine également de nos kilos de farine. On a tout gardé! Un exploit!
Le médecin, parti remettre nos passeports à l'immigration, attendons la visite du douanier, "en mission" et qui ne passera qu'au milieu de l'après-midi. Charmant officier qui n'est même pas descendu dans le carré, et a quand à lui, préféré faire les papiers sur la table du cockpit, plus aéré!. Sa préoccupation majeure est de savoir si nous possédons des armes, et avant tout, quels types de moyens de communications nous avons. VHF portable ou fixe, radar et leurs marques. Il est d'ailleurs interdit de débarquer avec une VHF portable. Les ordinateurs, appareils photos, doivent être déclarés. L'annexe, le moteur et ce dont nous disposons comme gasoil ou diesel le préoccupe. Toute somme supérieure à 5000 USD doit faire l'objet d'une déclaration et si l'on omet et qu'à la sortie, on découvre plus, l'argent sera tout bonnement confisqué! Qu'on se le dise! Le douanier nous raconte ensuite des anecdotes sur la vie Cubaine et nous nous séparons par une poignée de main.
Nous retrouvons nos passeports et l'immigration au bureau de la Marina. Tout
va bien nous avons un mois de visa. Le mois écoulé, nous pourrons
bénéficier d'une prolongation d'un mois. Les français
ont droit à deux mois maximum. Les canadiens 6 mois. Mais le douanier
nous laisse entendre que si au bout des deux mois nous souhaitons prolonger
un mois supplémentaire, il ne devrait pas y avoir de problème
si toutefois notre conduite jusque la est exemplaire. Mais pas de 4ème
mois! Deux mois sûrs, trois peut-être! Nous nous en tenons là.
La Clearance internationale revient à 85 USD . Harbor master , cruising permit, Agriculture, Douanes, immigration, toute une paperasserie, de quoi retapisser le carré!! Nos visas sont des petits papiers qui sont joints à nos passeports, mais ne figurent pas directement dessus. In case you have to go to the States. Armés de tout cela nous avons le droit de nous "promener" dans Cuba au gré des vents, à condition toutefois de faire une entrée, gratuite, dans tous les ports que nous fréquenterons. Qui dit "entrée" dit "sortie" bien évidement.
Les festivités peuvent commencer! 2 novembre 2003
Notre tour de Cuba en voilier nous amène
à presqu'en faire le tour. En effet nous avons prévu de nous déplacer
d'Est en Ouest sur la Côte Nord et d'Ouest en Est sur la Côte Sud.
Nous louons une voiture pour 3 jours afin d'aller visiter la partie Sud-est
que nous ne ferons pas en bateau. Soit un petit tour dans les provinces d'Holguin
qui a vu naître Fidel, Granma qui annonce dès l'entrée que
"sans Granma l'histoire de Cuba ne pourrait être comté"
et Santiago dont la ville fleuron fut fondée par Diego Velasquez.
La marina nous permet d'avoir un bon deal, pour Cuba, où les locs sont hors de prix et nous nous en tirons avec une Peugeot 106, kilométrage illimité au prix de 162 usd, tout compris et pour trois jours. Nous aurions bien voulu louer une belle américaine des années 50 mais pour l'instant ce n'est possible qu'à La Havane ou un loueur fait fureur en proposant cela!
En trois jours nous traversons les provinces de Holguin, Granma et Santiago. Les routes sont en assez bon état étant donné que mis à part les convois militaires, les camions bennes transformés en bus, les chars à boeufs et quelques touristes, les véhicules personnels sont extrêmement rares! Ici tout ce qui peut rouler et transporter des gens à été mis à contribution.
Les slogans de propagande vantant les bienfaits de la patrie, du peuple et du travail, s'égrainent le long des routes, des villes et des villages. Lorsqu'il ne s'agit pas d'immenses panneaux plantés, à intervalles réguliers, ils sont simplement inscrits avec des petits cailloux blancs sur les contreforts des routes, avec les moyens du bord. De nombreux monuments sont érigés à intervalles réguliers, en l'honneur de chacun des cubains morts pour la liberté lors de la révolution de cuba le 26 juillet 1959.
L'horizon a fait place aux montagnes qui se découpent sur un fond de ciel gris, un tapis vert de cannes à sucre non stop dans des plaines irriguées. Tout cela à un petit air de plaine d'Auvergne ou des Pyrénées. C'est tout simplement beau. Parfois les champs sont occupés par du bétail, moutons, chèvres ou vaches. Ici les vaches sont des brahmanes, ces vaches indiennes si robustes et qui supportent les climats tropicaux. Elles sont croisées avec la bonne Holstein laitière afin d'obtenir une race laitière robuste. Ces vaches aux cornes remarquablement pointues et aux yeux charmeurs avec leurs très grands cils, ont conservé tout le sacré de leurs cousines indiennes et semblent se plaire sous le ciel de cuba. Les bananeraies couvrent une grande partie de cette région ainsi que des cultures de riz.
Nous campons dans la Sierra Maestra, n'en déplaise aux autorités, qui ne voient certainement pas le camping d'un bon oeil, surtout sauvage. Les Cubains ne semblent pas être des adeptes du camping. Les "campismo" sont bien souvent des auberges de jeunesses ou l'on trouve des bungalows a quatre lits, voire des dortoirs, des piscines, bars et sono qui hurlent bien après le coucher du soleil!!! Nous trouvons un petit coin pour poser notre tente et nous faire une petite tambouille style guidouille et scout avec notre popote. La lune brille et nous nous endormons sous un ciel étoilé. Heureusement la tente possède un double toit "étanche" et si d'aucun n'en voyait pas l'utilité dans un pays des caraibes, il va sans dire que nous avons apprécié ce superflu à sa juste valeur! La pluie nous a abondamment rincé. De quoi nous faire oublier le monde salé d'ou nous nous sommes extirpés le temps d'une rincette en montagne!
Bayamo est une une étape sympathique. Ici pas de touriste. Nous mangerons au petit dej une pizza, pâte épaisse recouverte de fromage et de sauce tomate et une orange de couleur verte excellente puis continuerons vers Santiago.
Santiago De Cuba, Santiago de Cuba Province - 5 novembre
2003
On nous avait tant dit sur Santiago de Cuba. Plus belle ville du pays, les gens gentils, etc.. Bref il pleut toujours, c'est lundi, tous les musées nationaux sont fermés le lundi et nous vadrouillons dans des rues rendues grises et tristes par cette pluie incessante. Les gens nous appréhendent continuellement et proposent mille et un services. Si Cuba n'a rien a renier à sa réputation de Crocodile Vert (due à sa forme et sa verdure), on peut dire que ce crocodile vert affectionne particulièrement le billet vert et s'en nourrit sans gêne aucune. Tout est bon pour vous faire mettre la main au porte-monnaie.
Les dollars shops pullulent et rares sont celles que nous dénommons les pesos shops. Les cubains qui de nos jours ont accès au billet vert, peuvent s'ils possèdent des US dollars ainsi que des dollars cubains (parité sur ces deux monnaies), fréquenter ces boutiques. Bien sûr c'est ni "Inter Marché" ni "Carrefour", mais cela leur permet d'accéder à un peu de confort, aux fringues, à la mode, l'électroménager, la hifi, les produits d'entretien, savon, shampooing, etc... Les pesos shops n'offrent pas grand chose, mis à part les produits de base listés sur les cartes de rationnement, tels que le lait, beurre, oeufs, farine, riz, café (28g par mois) et le pain. Les marchés agricoles sont également en pesos, ainsi que les marché de viande, lorsqu'il y en a.
Le salaire moyen d'un cubain est de 10 USD qu'il reçoit en pesos, ou moitié pesos moitié dollar cubain s'il en fait la demande. Il est bien évident que les prix pesos de nourriture sont en rapport avec leur salaire, ce qui n'est pas le cas des prix dans les dollars shops. Si de nos jours le tourisme reste la première ressource du pays, la seconde n'est autre que l'argent envoyé par les cubains exilés aux Etats Unis, ce qui représente un apport de Dollar incomparable et permet donc ce marché parallèle, mais tout le monde ne possède pas de la famille aux Etats Unis, et la misère est souvent présente dans les villes.
Le bas de Santiago est beaucoup plus pittoresque avec ses calèches, ses vélos sampan, ses vieilles voitures. Les manufactures de tabac, dont une sur deux est fermée, laissent entrevoir la fabrication des si réputés cigares cubains. Interdit de visiter, interdit de photographier, mais une dame nous autorise à le faire tout en nous proposant 50 cigares Montecristo pour 20 usd. Nous pensons très fort à René, le père de jean-Luc, grand amateur de cigares mais que ferions nous avec 50 cigares à bord, dans un milieu souvent trop humide et sans conservation ni respect de température, critères si importants auprès des connaisseurs. Puis de toute façon tel un courant d'air, la dame a disparu à l'approche d'un capo, et nous nous avons déguerpi comme deux voleurs. Voleurs d'images, bien entendu.
Santiago la belle, ou "pas de répit pour les touristes", à moins d'avoir le look méditerranéen pour éviter tous les pièges et bénéficier d'un tant soit peu de sérénité pour s'y déplacer. Santiago ou la quête du Graal Dollar!, Santiago dont les superbes bâtisses, commencent à partir en poussière par manque de moyen. Santiago de Cuba, dont le nom résonne comme sa musique qui retentit dès la nuit venue et qui à elle seule arrive à faire oublier les déboires d'un touriste sous la pluie, mérite le détour et nous ne regrettons pas de l'avoir fait.
Après avoir "mitraillé" ce fort sous tous ses aspects, nous nous dirigeons vers la Cordillera de la Gran Piedra, ou culmine à 1234 m un rocher. A mesure que nous montons nous nous trouvons dans les nuages et la forêt verte et humide aux odeurs de mousse. Les bords de route sont couverts de Goyaviers, de citronniers, d'orangers.
Nous nous arrêtons à l'hôtel où nous avons pris la voiture. Ces hôtels vendent des séjours "all inclusive" donc ici pas de maniement d'argent. Nous souhaitons dîner dans un des nombreux restaurants annoncés, et nous essuyons un refus dès que nous annonçons que nous ne sommes pas clients de l'hôtel, idem pour l'internet. Alors que nous rebroussons chemin, la chef serveuse nous fait signe de revenir, nous colle un mojito dans la main et nous dit de nous installer à une table et de ne rien dire. Comme c'est un buffet, on mange pour deux jours et une serveuse remplie nos verres dès que le niveau baisse! Tout cela aux frais de Fidel, étant donné que l'hôtel est géré par le groupe militaire GAVIOTA.
6 novembre 2003
Ici le temps ne semble pas exister. On voit des gens attendre sans fin le long des routes pour se rendre quelque part. De bus, on n'en voit que sur les grands axes, pris d'assaut. Tout ce qui peut rouler est utilisé, mais entre le temps que met un char à boeufs pour faire 10 kilomètres et un véhicule à moteur, il y a une marge. On en arrive à se demander comment le peu d'entreprises qui fonctionnent encore y arrivent elles, alors qu'on ignore à quelle heure les employés vont tous être là. La bicyclette, chinoise, remplace les voitures. Mais pour les longues distances c'est autre chose. Beaucoup possèdent, dans les milieux ruraux, des chevaux et le paysage prend un petit air Argentin, lorsque l'on voit ces gauchos sortir des petits chemins sur leur fier destrier, les éperons aux pieds. La voiture personnelle reste tout de même un luxe. Ceux qui ont su préserver ces vielles américaines en état de marche sont certainement des bricolos de première.
Voilà notre balade de terrien terminée, nous réintégrons
Iritis. La boutique de la marina nous vend 28 bouteilles de Rhum à 1.75
usd la bouteille. Qu'on se rassure, nous ne faisons pas que boire, mais à
ce prix là c'est difficile de résister, qui plus est lorsque l'on
sait que c'est la dernière étape caraibe producteur de rhum, de
notre itinéraire!
Puerto Vita 7 novembre 2003- Puerto Padre - Puerto Manati 8 novembre 2003
Dans un restaurant d'état on nous sert un menu froid sans prétention, et nous payons un dollar pour deux. Nous visitons cette ville silencieuse et à l'allure de ville fantôme. En attendant le train pour Puerto Manati nous allons au stade voir un match de football. Deux équipes s'affrontent, des enfants. L'une de Manati, à voir l'entrain avec lequel ils félicitent les buts marqués. Equipés de vrais maillots, shorts et chaussures de foot. L'autre, aux maillots délavés et usés, porte des chaussures de villes, des baskets, ou pas de chaussures du tout.
Le train est en approche, nous prenons nos billets et attendons. Dès son arrivée nous grimpons dedans, mais le départ est retardé, nous devons attendre un autre train qui lui a du retard. On annonce une heure de retard, mais au bout d'un quart d'heure, branle-bas de combat le train arrive, les échanges de passagers s'opèrent et nous partons. Il fait nuit, les cubains ont une heure d'hiver et une heure d'été. Alors qu'il est 18 heures dans toute la caraïbe, il n'est que 17 heures chez eux et c'est la nuit. Le petit train de Manati allume la lumière du wagon jusqu'au premier hameau puis continue dans le noir, seul la lumière des phares éclairent la voie. Arrivé à Puerto Manati, le quai est bondé, ceux qui sont venus dans leurs familles pour le week end s'en retournent pour la semaine.
Le lendemain, nous faisons notre sortie, au bout de la ville, puis quittons ce petit coin bien calme et tranquille ou les autorités furent vraiment très cool.
Puerto Manati - Nuevitas12 novembre 2003
Direction Nuevitas. Une baie où nous serons plus abrités en cas
de mauvais temps. La météo nous annonce un front froid, une wave,
un possible tropical cyclone, donc on préfère opter pour la sécurité.
Une navigation tranquille où un wahou et une coryphène péchés
assurent quelques jours de bonne bouffe.
La Bocca, le premier poste de guardia frontera de Nuevitas nous fait mettre
à quai, le long d'un dive boat naviguant pavillon panaméen. Montent
à bord des guardia frontera au nombre de 5. Ils recopient tout nos papiers,
inspectent le bateau, nous font sortir ce qu'il y a dans le sac de survie et
furètent un peu partout. Puis nous disent que lorsque nous voudrons partir
il faut juste les appeler sur le canal 16. Si nous décidons d'aller au
fond de la baie, à Nuevistas, pas de problème, juste un appel
radio et l'affaire est jouée. Par contre c'est impossible d'y aller ce
soir, mais demain peut-être.... Nous mouillons un peu plus loin, à
portée de vue de la guardia frontera, le mouillage est merdique à
souhait, coraux en tous genres, on est sur un platier. Après plusieurs
tentative on finit par accrocher. Il y a presque 3 noeuds de courant. On ne
recommandera pas le mouillage!! Le lendemain, nous leur disons que nous voulons
aller à Nuevitas. Ils nous font venir à quai, essaye de contacter
par radio la capitainerie. On nous dit non et repartons mouiller. Au bout d'une
demi-heure le dive boat vient nous dire d'aller à quai, nous relevons
l'ancre à nouveau. On se réjouit d'avoir un guindeau électrique
dans ces cas là!. Une fois à quai, le guardia frontera remonte
à bord et nous dit que finalement on peut y aller mais on doit mouiller
à 500 mètres du quai. On note et on file avant qu'il ne change
d'avis!.
Arrivés là, le capitaine du port arrive et là c'est le grand jeu, refouille du bateau, visite du chien à bord, rediscussion et reblabla. Bref, on a n'a pas le droit d'aller à terre à deux! L'un de nous doit obligatoirement rester à bord! Super le tourisme! Et en plus il nous annonce que c'est justement le carnaval de Nuevitas. A quoi bon, puisque nous ne pouvons y aller qu'à tour de rôle. Le mouillage n'est pas très protégé et Jean Luc souhaiterait mouiller un peu plus loin... Rejeté!. Trop loin, pas assez prêt pour nous voir.
On ne bouge pas. Pas le droit non plus d'aller mouiller devant une plage, sait-on jamais un cubain pourrait monter à bord. Tout cela est de plus en plus déglinguant. On ne cesse de nous dire que Nuevitas n'est pas une marina international. Mais nous n'avons que faire d'une marina internationale. A mon sens il leur manque une leçon sur "la plaisance". Ici tourisme correspond à resort, marina, contrôle!. Pas de contact avec le local de peur d'action subversive. Bref nous commençons sérieusement à déchanter et laissons entendre au capitaine du port que si nous ne pouvons aller à terre, nous quittons Cuba. Pour nous c'est sans întéret. Il se ravise et demain l'un de nous pourra aller à terre, ce à quoi je laisse ma place à Jean-Luc. Ces situations de quiproquo et de stress ne sont pas faites pour moi, non vraiment, sans façon.
Le lendemain, nous allons au quai des guardia frontera. Or, ils ne veulent pas nous laisser descendre, prétextant que l'immigration n'étant plus ici, il était impossible d'aller à terre et que Nuévitas, une fois de plus, n'est pas une marina internationale. On y perd son latin. Cela ressemble à certaines situations rencontrées en Russie lors du passage du Nord-Est avec Mers Magnétiques en 1991, ou chaque discussion ayant eu lieue à moscou ne valait plus rien à Mourmansk. Ici, même chose, perte de temps mais le temps n'a pas d'impact sur ses gens qui n'ont rien d'autre à faire. Nous repartons sur notre mouillage, très en colère.
Au bout d'une heure le capitaine du port arrive à bord de la vedette de la "guardia frontera" et nous explique que nous pouvons aller à terre, mais pas du quai des guardia frontera, seulement du sien et propose à Jean Luc de l'y retrouver tout de suite. On saute dans l'annexe, je droppe jean-luc sur le quai puis repars à bord.
Nuevista city et son Carnaval
Jean luc semble satisfait de sa balade à terre. Il ramène des plantains, un potimarron, des patates douces. Il raconte qu'une fois à terre, avec le capitaine du port il va à l'immigration où nos passeports sont contrôlés. Une fois l'accord de l'immigration, il passe un poste de contrôle, re-contrôle des passeports, puis prend un taxi pour rejoindre Nuevistas. A un pesos le taxi, il aurait eu tort de s'en priver. Il est près d'une heure lorsqu'il arrive en ville et des lolos vendent des sandwichs au cocon grillé. Jean-Luc ne résiste pas au plaisir d'en avaler deux. Derrière lui, un stand vend de la bière pression. Cela aide à faire passer les petits sandwichs. Ici la bière est à la pression dans les peso bar, et ne coûte presque rien. En contrepartie, la pression n'est pas toujours au top. On vous sert dans un verre, rinçouillé dans une eau cra-cra, là encore l'hygiène laisse à désirer. L'eau de rinçage sert toute la journée. Certains arrivent avec leur propre mug, une ancienne bouteille de bière, ou encore une bouteille de deux litres qu'ils font remplir. La bière coule à flot. Cuba produit sa bière ou plutôt ses bières, il y en a une sacrée collection. La Cristal, la Bucanero etc...
Le front froid commence à sévir et le carnaval est humide ce soir là, mais il en faut sûrement plus à un cubain avant qu'il ne se décourage!.
Nuevitas 16 novembre 2003- La Havane 18 novembre 2003- 300 Miles nautiques
Nous quittons ce haut lieu touristique pour La Havane, fatigués d'avoir à faire des entrées et sorties. Le touriste est libre à Cuba, libre à condition qu'il arrive en tour "all inclusive", qu'il ne sorte pas des sentiers battus, qu'il fasse comme on lui dit. Mais lorsqu'il arrive par la mer, qu'il aille en marina et n'en sorte pas, la côte nord-est semble vraiment être la côte parano!!
Nous ressortons de la longue baie de Nuevista (environ 12 miles de l'entrée au port de commerce et près de 26 bouées) après s'être acquittés de la sortie, mouillons pour la nuit à la Bocca et sommes ainsi prêt à partir avec le courant et dès la première heure. La route est longue jusqu'à la Havane et nous la ferons non stop. On ne peut tout de même pas passer notre temps à faire des formalités.
Nous avons bon vent et la houle est assez forte (environ 3 mètres). Nous filons bon train et dès la nuit venue, les radios se mettent à grésiller. Dès que l'on approche d'un phare, un appel de contrôle nous est destiné, afin de connaître l'identitédu bateau, nombre de passagers, nationalité, provenance, destination. Cela un certain nombre de fois chaque nuit. Heureusement nous sommes au large et notre consolation viendra de la pêche grâce à un superbe mahi-mahi qui nous permettra d'avoir un peu de poisson à la Havane.
Le harbour master vient nous rendre visite et nous annonce les prix. On n'a pas besoin d'électricité, mais on dit ok pour l'eau. On va essayer d'utiliser l'eau du réservoir au maximum et compléter avec de la nouvelle eau, celle de la marina vita nous semble un peu bizarre et vire au vert dans le bidon que nous avons à l'extérieur en dépit du traitement et du chlorox.
A peine installés, un couple de canadien de Montreal vient nous faire un brin de causette. John parle français et nous dit qu'il est descendu de Montreal via le lac champlain et les waterways, puis ensuite par la mer non stop jusqu'à Cuba. Il est là depuis 8 jours et disait qu'au canada il faisait déjà très froid. J'ai honte de lui dire que moi j'ai froid ici ou il ne fait que 23° le matin dans le bateau...
Le long du canal 3, se trouve la résidence hôtelière de la marina et quelques boutiques de luxe, articles de sport, parfumerie, vêtements chic et chers et shoes. A la réception de l'hôtel il y a l'internet moyennant 2 usd pour 15 minutes. De la réception une navette gratuite se rend trois fois par jour à la Havana Vieja, et retour. On peut aussi s'offrir des circuits touristiques en bus. Nous avons, en tant qu'hôte de la marina le droit d'utiliser la piscine de l'hotel. Sur le canal 4 une boulangerie-patisserie "le Pain de Paris" fait des gâteaux excellents mais le pain est souvent rassis. Au sein de cet espèce de campus à touristes, plusieurs restaurants sont proposés, nous n'en avons essayé aucun, les prix sont prohibitifs comparés à ce que l'on peut trouver dès que l'on franchit les limites de la marina et moins rigolos.
Le jour suivant nous planifions d'aller à la Havane et prenons le bus gratuit, qui d'ailleurs tarde à venir, local time!, mais nous emmène à travers la banlieue de la Havane. De grands banians s'échelonnent tout du long des grandes artères offrant une allée ombragée et d'une fraîcheur appréciable. Les voitures sont rares mais pourtant plus nombreuses qu'ailleurs, les vélos omniprésents. En comparaison d'autres régions, ici peu de calèches.
Nous traversons des quartiers résidentiels très chics qui ont un petit air louisianne et débouchons sur les quartiers plus populaires où les architectures s'entremêlent. De larges hôtels particuliers, qui jadis furent magnifiques, ne sont hélas plus que l'ombre d'eux mêmes. Souvent partagés en appartement, ils abritent plusieurs familles et sont devenus immeubles délabrés ou le linge sèche aux fenêtres, les façades décrépies, laissent entrevoir un peu de leur passé par quelques jolies fresques défraîchies, ou quelques carreaux de faïences de style espagnol. Au milieu des pâtés de maisons entiers ont été rasés pour faire place à des immeubles du plus pur style "cage à lapins". Pourtant, ici et là, quelques maisons en bois réussissent à tenir debout en attendant certainement la prochaine démolition.
La Habana vieja
Nous arrivons au pied du petit Castillo de la Real Fuerza. Ses douves sont remplies d'eau et il est en réfection. Ce fort fait face à la fortalezza de san carlos de la cabana sur l'autre rive. Nous sommes aux portes de la Havana Vieja, là ou tous les bus déversent leur flots de touristes. Il va falloir ruser!
Dans presque chaque rue on trouve des vendeurs de sandwichs, que nous continuons a appeler lolo en souvenirs des Antilles. On y achète pour 6 pesos une pizza ou un sandwich, un refresco un peso, une glace un peso également. Ici plus que jamais tout le monde quémande, les vieux souvent démunis, font la manche. Des femmes habillées en créole, fumant un cigare, posent pour la photo moyennant un dollar.
De nombreux vélos transformés en tricycle remplacent les calèches que nous avions adorées dans d'autres villes. Nous découvrons la gare ferrocaril d'où partent et arrivent encore quelques trains.
La Havane c'est grand et comme on n'a pas tout vu on y retourne. Nous voulons visiter la Forteresse de San Carlos de la Cabana et pour ce faire, il faut traverser le port de la Havane. Nous apprenons qu'il existe une navette qui traverse et vous dépose au pied de la falaise. De là un sentier vous emmène jusqu'à la statue de Jesus, qui ressemble a s'y méprendre à celle de Rio, mais en tout petit, ensuite il n'y a plus qu'à monter. Nous trouvons l'embarcadère après avoir longé tous les quais des douanes et demandons à embarquer. Fouille des sacs!. On fouille mon sac, on fouille celui de Jean-Luc et là, horreur ! on y trouve un couteau laguiole. Les autorités se le passent de main en main, prennent le passeport pour noter le numéro et le nom du propriétaire, jusque là on pensait qu'ils avaient l'intention de nous le rendre au retour. Et bien non, on nous rend le couteau et le passeport et on nous annonce qu'il est impossible d'aller sur la forteresse avec un couteau, eux ne veulent pas le garder non plus. On change nos plans et on se dit que des forteresses on en a vu plein et que nous on a plein de forts vaubans en Charente maritime, nananère!
Nous remontons jusqu'au Capitole, passons devant un mariage et faisons un détour par le quartier chinois qui n'a ni la taille de celui de Paris, encore moins de celui de New York. En deux minutes le tour est joué, mais nous décidons d'y manger, c'est pas cher. Le marché de légumes et boucherie est absolument génial et de loin le mieux que nous ayons vu jusqu'ici. Dommage que l'on soit trop loin du bateau et que l'on ne soit pas venu avec des sacs. Ici légumes à profusion, viande en quantité. Nous achetons 5 saucisses chorrizzo pour 25 Pesos que je trimballe dans mon sac tout l'après midi.
La médecine étant le fer de lance de cuba, Arnold nous montre le cabinet du dentiste, flambant neuf, et nous dit qu'étant donné le nombre de femmes qui travaillent ici, il y a également un gynécologue.
Le tabac est acheminé de tout cuba, mais le meilleur pousse dans le Pinar del Rio, région plus humide et montagneuse. Les feuilles qui arrivent sont comptées, puis triées, humidifiées et séchées. Ensuite on ôte la nervure principale, puis on procède au mélange de feuilles de manière à obtenir la qualité qui déterminera le goût du cigare. Il est ensuite donné aux ouvriers, sur les "galeras" ou chacun fabrique plus de 120 cigares par jour. Pour obtenir un cigare, l'ouvrier roule quelques feuilles qu'il met dans une feuille (capote) et mets sous presse une demi-heure. Il recouvre ensuite le cigare à la main avec la "capa", d'une finesse incroyable. Les plus fameux cigares sont produits par cette fabrique tels que les Montecristo, Roméo et Juliette, cohiba.
Les cigares sont goûtés, et oui, il y a un monsieur d'une soixantaine d'années, chargé de les goûter à raison d'environ 5 par jour. Vu le bonhomme cela a plutôt l'air de lui réussir. Les photos sont interdites c'est dommage. Il y avait quelques beaux clichés à faire.
Chaque fabrique possède son école. La production de l'école est vendue à la consommation nationale. Chaque employé a droit a deux cigares par jour. Son salaire moyen est de 10 dollars US et Partagas est une entreprise d'Etat.
Nous sommes effarés de constater que le jeune couple de français qui fait la visite avec nous ne connaît rien de cuba. Ils sont scandalisés d'apprendre le salaire moyen d'un cubain et le compare au prix d'un cigare. Ce qu'il ne comprennent pas et qu'Arnold tente de vainement de leur expliquer c'est qu'à Cuba il existe un marché parallèle. On se demande comment on peut encore, de nos jours, visiter un pays étranger sans faire l'effort de se renseigner sur son fonctionnement, ses revenus, ses ressources. Il y a pourtant profusion de guides, sans compter l'internet. Ils ignoraient même qu'il y avait un embargo sur Cuba!!
Notre visite terminée , nous laissons le capitole derrière nous et passons devant le magnifique Gran Teatro de la Habana, qui abrite quelques expositions d'art contemporain. Pas de ballet en ce moment, juste un concert, Madame Butterfly.
Nous décidons de rejoindre la place de la cathédrale ou non loin de là nous trouvons la Bodeguita del Medio, rendu célèbre par Ernest Hemingway, là ou il buvait son mojito. Nous tentons une entrée, les murs sont couverts de signatures pas un endroit ne reste, au fond nous apercevons un bar, mais le couloir qui mène au patio est bondé de gens qui s'arrêtent pour lire les murs. NOus rebrousserons chemin!
La place de la cathédrale est agréable et un groupe joue de la musique cubaine. La tienda del navigante est fermée, dommage.
De retour à la Marina, nous discutons avec deux mexicains arrivés un jour après nous à bord d'un petit voilier de 24 pieds en provenance de Floride. Ils ont eu un problème avec leur safran et on dut être remorqués par les autorités cubaines jusque dans le port de la Havane. Résultat, la coque du bateau, blanche à l'origine, est noire au moins sur 20 centimètres au dessus de la ligne de flottaison. Ils ont du rester 3 jours dans le port, mais un jour a suffit a dégueulasser le bateau. La rescue leur a coûté une fortune et leur banque mexicaine étant jumelée à une banque américaine, ils ne peuvent retirer d'argent avec leur carte visa... Un peu dans la merde les chéris. Ils proposent de vendre leur vhf portable, toute neuve. Nous sommes intéressés mais je suis plus intéressée par leur vélo. Mémo, consent à me vendre le sien pour 50 USD. Nous prenons vhf et vélo. Equipés de nos vélos nous poussons jusqu'à santa fé, mangeons des boulettes de poulet frites, et des boulettes de viandes accompagnées de frites. Décidément les cubains ne sont pas des furieux de la cuisine. Les épices sont inexistantes et la seule chose qu'ils utilisent est l'oignon cébete. Les quelques restaurants que nous auront fréquentés servent des steacks de porc ou de boeuf à peine assaisonnés de cébette ou du poulet frit. Leurs sandwichs de cochon grillé sont vraiment meilleurs et moins cher en plus!
La Havane 24 novembre 2003- Bahia Honda
Nous finissons par quitter la marina Hemingway qui au bout de 5 nuits nous aura
couté pas moins de 89 usd. Bon d'accord il y a les douches chaudes, la
piscine, mais quand même ce n'est pas notre truc. Seul côté
positif c'est que, là au moins, on pouvait aller à terre à
sa guise!
Nous repassons l'inévitable fouille de sortie et visite des autorités.
L'immigration en profite pour nous demander un cahier pour son môme, et
semble assez déçue de celui que je lui donne. Seulement 50 pages.
Nous demandons s'il est possible de faire l'extension de nos visas, mais elle
nous répond qu'il est trop tôt. Nous prenons la mer, direction
Bahia Honda. Le guardia frontera monte à bord faire les formalités.
Un front froid est annoncé et nous préférons mouiller dans
la mangrove plutôt que dans l'entrée de la baie pas du tout protégée.
Il nous donne son accord pour la nuit mais dans la journée nous devons
revenir devant le poste de guarda fronterra, de plus il nous précise
que nous ne pouvons pas aller à terre! Vla que je me demande si j'ai
bien fait d'acheter un vélo. La mangrove est cependant superbe, les montagnes
de la région du Pinar del Rio en fond.
Le lendemain nous voulons repartir mais la courroie de l'alternateur casse.
Jean-luc la change et décide de faire tourner le compresseur qui n'a
pas tourner depuis longtemps. Il s'aperçoit qu'il fuit. Alors qu'il le
répare, il tire sûrement avec délicatesse sur un tube en
inox et ... débranche le démarreur!!! Totalité, plus rien
ne marche! Il lui aura fallu la journée pour accéder à
tout et réparer et tout remarchera.
Le soir nous retournons au fond de notre mangrove, au calme sous un superbe
coucher de soleil. Au petit matin, nous mouillerons devant le guarda frontera
et attendrons sa visite et sa fouille avant de quitter ce coin "tranquillo"
pour les cayes.
Cayo Paraiso - Cayo Levisa 27 novembre 2003
Je dois dire que si tous les resorts de la planète ressemblait à celui de cayo Levisa, ce serait le bonheur! Une petite île avec une plage de sable blanc, et une vingtaine de petits bungalows. Pas de fioritures, un petit restaurant sans grande prétention, un bar, une micro boutique, un dive shop. Les gens qui viennent ici arrivent en tour tout compris. Seul défaut, l'odeur qui émane de la mangrove est parfois un peu forte et l'eau un peu trouble, mais bleue turquoise!!
Cayo levisa - Puerto Esperanza 1er décembre 2003
Il nous faut trouver un moyen de renouveler nos visas avant expiration et nous devons nous rendre à Pinar del Rio city, situé en plein milieu des montagnes! or, on a beau chanter "maman les petits bateaux ont-ils des jambes", rien n'y fait, on va bien être obligé de "pédaler"! Enfin Jean-Luc va être obligé de pédaler! Bien sur je pourrai étrenner mon beau vélo mais j'avoue que faire 100 km aller-retour me semble impossible, 50 passe encore, mais 100 c'est au delà de mes genoux! Le lendemain de notre arrivée à Esperanza, nos visas déjà périmés, Jean-Luc saute sur sa bike et disparaît pour parcourir la distance qui nous sépare de Pinar del Rio. Il y arrive non sans mal, vu que c'est la région des montagnes, et obtient le renouvellement pour un mois. Ouf! sauvés par le gong, ou plutôt par le courage et les muscles de Jean-Luc!
Dès le lendemain, nous allons faire un tour vers Vinales, et Jean-Luc y retourne puisqu'il y était passé la veille! Ah! la la! Il parait que la bicyclette fait des beaux mollets! Alors rien ne l'arrête plus! En faisant ces 50 bornes aller - retour et ces grimpettes en veux tu en voilà je reconnais que je ne ferai pas les Pyrénées! C'est sûr c'est beau mais pas autant que les descentes!
La région est effectivement très belle et je dois avouer que c'est la plus jolie de tout Cuba. Ici le tabac pousse, on y fait du vin, du riz, des cultures en tout genre. C'est vert et il y pleut beaucoup. Le bétail ici fait plaisir à voir. Les montagnes sont truffées de grottes et c'est une des grandes attractions de la région, mais rien d'exceptionnel pour les fanas de spéléo, par contre un bon petit piège à touristes! Nous avons de la chance il ne pleut pas et le soleil n'est pas trop de la partie mais juste ce qu'il faut! Heureusement parce que pédaler cela donne chaud et surtout soif et ce n'est pas vraiment les bars qui courent les rues, encore moins les distributeurs de boissons! Enfin on trouve un lolo qui nous fera boire au moins trois refresco d'affilée!
Puerto Esperanza 4 décembre 2004 - Nombre de Dios - La Vinagrera 7 décembre 2003
Nous quittons Esperanza après avoir fait quelques achats de frais, oeufs, porc tout frais tué, légumes en tous genres, et nous acheminons vers le sud de Cuba. Un front froid menace et nous trouvons un abri à Nombre de Dios. A peine mouillés là nous voyons surgir de nulle part, une barque et quelques képis verts, ils viennent de Santa Lucia pour savoir ce que nous pouvons bien faire là, hors de toute civilisation! On a droit à un nota bene sur notre cruising permit spécifiant que nous sommes ici le temps du front froid et que nous n'avons pas le droit d'aller à terre ni de recevoir de cubains à bord!! On croit rêver! Le front froid passe, pluie et vent très froid!!! Nous bougeons dans la matinée pour rejoindre une fishing station à Rapado Grande ou nous mouillerons sans contrôle cette fois et où nous passerons une nuit calme et abritée.
Le lendemain nous prenons la direction de Maria La Gorda, Cote sud de Cuba. Nous attrapons un mahi-mahi de bonne taille et sommes ravis de cette prise. Dans la nuit du 8 décembre vers deux heures du matin Jean-Luc m'appelle sur le pont et je le retrouve assis par terre au pied d'un hauban. J'imagine le pire, blessé... Heureusement non, il ne fait que tenir le bas hauban par les deux mains! donc le mat et les voiles bien sûr! les deux ridoirs des bas haubans s'étaient desserrés et jean luc a vu une courbure anormale du mat durant une éclaircie lunaire. Le ridoir s'est dessolidarisé au momment ou jean luc voulait le revisser. Ces choses là tournent à l'envers et quand on visse ça se devisse!!!.Il a juste eu le temps de retenir le hauban. Grande frayeur pour tout le monde et en deux coups de tournevis le ridoir est refixé. Mais il faut le dire, on a eu chaud.
Maria La Gorda - 8 décembre 2 heures du matin-
Maria la Gorda 10 décembre 2003- Isla de la Juventud - 12 décembre 2003
Le 12 au matin, le temps est gris et nous naviguons vers Nueva Gerona, mais décidons de mouiller Ensenada del Barcos. A notre surprise, Easy Go nous rejoint un peu plus tard. Nous passons la nuit sur ce mouillage tranquille et très protégé ou nulle autorité n'est venue nous rendre visite!
Nueva Gerona - 13 - 14 -15 - 16 décembre 2003
C'est une île un peu à part, elle fut déclarée zone franche en 1955 par Batista. Connue pour ses universités mais également pour la prison dont son plus illustre locataire fut Fidel Castro. Aujourd'hui la prison a cessé toute activité et la cellule de Fidel se visite comme un musée.
La vie ici est moins chère qu'à la Havane et il y a profusion de légumes, poissons et viandes. Les vols qui relient l'île à la Havane ne coûtent que 25 usd et certains habitants de la Havane viennent ici faire le plein de frais le week end.
Nueva Gerona - Paseo de Quitasol 15 décembre 2003 - Cayo Campos 16 décembre 2003
Il nous faut quitter Nueva Gerona, le temps s'écoule et nos visas ne sont pas éternels et la route est encore longue. Nous sommes déjà le 15 décembre et nous mettons le cap sur Cayo Largo. Avec une première étape à Paséo de Quitasol pour passer la nuit. Au petit matin, une brume épaisse a fait disparaître la Isla de la Juventud, il n'y a pas un brin de vent, la mer est d'huile. Nous croisons quelques fishermen en train de poser leurs filets alors que nous nous dirigeons vers cayo campos. Nous arrivons à Cayo Campos juste au moment ou le fronto frio se lève et nous avons juste le temps de mouiller avant qu'il ne s'abatte sur nous.
Cayo Campos - Cayo Campos 1 Mile !
Super longue nav pour aujourd'hui, mais dehors ça souffle alors on a décidé de mouiller dans la mangrove tout comme les fishermen! A l'abri! Dès que le front est passé nous mettons le cap sur Cayo Rosario que nous atteignons le 19 décembre.
Cayo Rosario 19 - 20 - 21 - 22 décembre 2003
L'eau ici est bleue, mais comme le coin est plus que péché on ne s'attend pas à trouver grand chose. Il y a un reef donc on fait une plongée, mais la houle est importante et la visi un peu trouble et les poissons ... partis probablement en vacances pour noël! Enfin on pourra dire qu'on a plongé à Cuba, histoire de faire tourner notre compresseur!! Sur le côté intérieur du reef nous ferons une razzia de conches et on remplira l'annexe d'au moins une bonne trentaine. Le soir et deux jours durant nous ferons des conserves!!!
Nous irons à terre et découvrirons des traces d'iguanes, mais pas l'ombre d'une bébette à l'horizon, elles aussi ont du prendre un charter vacances!! Pourtant on a suivi les traces mais rien au bout!
Un voilier mouille non loin de nous, ce sont des allemands sur un bavaria 47 de la base de location de Cienfuegos. Nous retrouvons également Easy Go mais eux mouillent sur l'autre côté. Nous commençons à regretter d'avoir commencé par la cote Nord de Cuba. Nous aurions du faire la côte Sud et nous limiter à cela. Il semble que les autorités soient moins nian-nian et aient un peu plus l'habitude des plaisanciers et qu'il soit également plus facile de mouiller tranquillement quelquepart dans les cayes. Notre visa s'écoule et nous n'aurons pas le temps d'atteindre ni Cienfuegos encore moins Trinidad de Cuba. Nous décidons de rejoindre Cayo Largo del Sur et de là, faire notre sortie internationale pour essayer d'être aux Caymans pour le réveillon du jour de l'an.
Cayo largo del Sur 23 au 26 décembre 2003
Nous quittons Rosario pour Cayo Largo del Sur. A notre arrivée un voilier british Tantalus nous accueille et le capitaine du port vient faire notre entrée. La Marina est un vaste complexe pour loirsirs nautiques en tout genres, dive shop, mais aussi promène couillons à la journée pour les nombreux touristes des non moins nombreux resorts installés sur l'île. Cayo Largo ne vit que du tourisme. La veille de notre départ un Jumbo d'Air France devait se poser là !
Nous allons faire un tour dans un de ces grands hotels pour pouvoir checker notre mail et également passer un coup de téléphone. De la marina il n'y a rien pour communiquer avec le monde extérieur!! On arrive à faire quelques courses de bouffes à la marina et par un heureux concours de circonstances la fille oublie de nous faire payer. C'est jour de noël elle doit déjà penser au réveillon! Nous passons une seule nuit à quai et décidons de mouiller à l'extérieur dans peu d'eau au bord du sable blanc. C'est tout de même plus sympa pour un réveillon qu'un vulgaire quai de marina!
Nous mangeons nos langoustes et buvons le champagne de Saint-Martin ! sous un ciel étoilé! le vent est tombé et il fait bon dans le cockpit éclairé de nos guirlandes de noël et notre sapin "maison" fait d'une branche de corail desséchée et de micro pommes de pain comme boules de noël.
Le 26 décembre nous faisons notre sortie de Cuba. Cela prendra un certain temps je dois dire, mais comme c'est la dernière fois qu'on les voit on fait bonne figure. Nous quittons Bob et Kathy à bord d'Easy Go, qui ont un grand projet pour 2004 avec la construction d'un voilier plus grand. Ils continuent leur tour de Cuba puis remonteront vers les Bahamas. Nous prenons quand à nous la direction des Iles Caymans en espérant y retrouver Sashay avec Bruno et Olga.
Nous avons fait un peu plus de 900 miles autour de Cuba et nous n'avons pas été conquis. Difficile d'aborder les gens lorsqu'on vient de la mer. Cela devient plus facile lorsque l'on est en voiture ou en vélo. Nous aurions du nous contenter du sud, et rien que du sud, je pense que c'est plus facile, moins controlé et donc moins stressant!!! Il y a parfois des étapes qui sont différentes et moins emballantes. Mais comment aller à la rencontre des gens lorsque la plupart du temps vous ne pouvez aller à terre!!? Heureusement qu'ils ont leur musique et leur rhum, cela fait un peu oublier le reste!!
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