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Guatemala, histoire et couleurs!

Livingston Rio Dulce - Antigua Guatemala - Panajachel -Lac Atitlan - San Pedro la laguna - Solola - Chichicastenango - Guatemala Ciudad - Flores - Tikal

Du 13 au 26 mai 2004

 

Le Guatemala est frontalier avec le Belize, le Honduras, le San Salvador puis bien sûr le Mexique, dont la rivière Usumacinta lui fait bénéficier d'une frontière naturelle. Son relief présente ainsi une grande diversité de climats et d'écosystèmes. Sur une superficie de 108 900 km2, le Guatemala possède deux chaînes montagneuses. La première que l'on appelle la Sierra Madre del Sur s'étend parallèlement à la côte pacifique et aligne une trentaine de volcans dont le plus élevé culmine à plus de 4000 mètres alors que la seconde, la cordillère des Cuchumatanes traverse le pays en son centre jusqu'à la mer des Caraïbes. De par ce système montagneux le pays possède ainsi deux régions hydrographiques. La côte pacifique voit se déverser les rivières Suchiate, Naranjo, Samala, Michatoya, Pas et Los Esclavos. La côte caraïbe, quand à elle, reçoit le Polochic, le Motagua, le Sarstùn et le Rio Dulce.

La population de plus de 12 millions d'habitants reste concentrée dans les plateaux fertiles et le Guatemala avec 200 habitants au km2 est le pays d'amérique centrale à la concentration la plus élevée. 68 % de la population vit dans des conditions précaires, la mortalité infantile est 41% et le taux d'analphabétisme est lui de 44%, cela en partie dû au fait que les cultures indiennes sont des cultures essentiellement orales et qu'elles restent fortement représentées.

Le Guatemala est composé de créoles, ladinos et de mayas.

Les créoles (les blancs) représentent une dizaine de milliers de personnes qui affirment descendre des conquistadores et n'avoir subit aucun métissage et qui de nos jours compose une partie de l'élite dirigeante du pays depuis toujours.

Les Ladinos (métis) quand à eux forment 35 à 50% de la population mais ne sont pas reconnu puisqu'il n'existe aucune culture latina. Cependant leur revenu est largement supérieur à celui des mayas.

Enfin les Mayas (amérindiens), issus tous de la culture maya représentent pour leur part entre 50 et 65% soit la plus importante partie de la population. Les mayas sont composés de plusieurs groupes ethniques dont les Yucathèques, Kekchi, Mopan, Lacandon, Ixil, Chuj, Kanjobal, Jacalteques, Mam, Quiche, Agualteques, Pocomchi, Uspanthèques, Cakchiquel, Tzutujil, Pocoman, et enfin les Chorti.

Ces groupes ethniques appartiennent tous au même groupe linguistique et même si par le passé ces différents groupes se sont souvent opposés ou combattus, avec la guérilla des années soixante ils se sont vite mobilisés contre l'armée ce qui a eu pour effet leur rapprochement culturel et linguistique.

 

L'entrée s'effectue à Livingston situé à l'embouchure du Rio Dulce, un des ports d'entrée de la côte Atlantique. Et oui, ce pays d'Amérique centrale est lui aussi, baigné par les Océans Atlantique et Pacifique.

Bien évidemment les choses ont beaucoup changé depuis l'arrivée au Guatemala, en 1524 des Espagnols, commandés par le Capitaine Pedro de Alvarado. Et si à l'époque les indiens tentèrent vainement de repousser l'envahisseur, le touriste-envahissant que nous sommes est aujourd'hui accueilli à bras ouverts.

A Livingston, la mer n'est pas bleue, même pas couleur de vase fourasine, elle est tout simplement verte. En revanche, elle n'est plus salée pas même saumâtre, ici c'est de l'eau douce et nous ne sommes encore que dans l'immense embouchure du Rio Dulce.

Livingston vit au rythme du Rio. Aucune route ne la relie à aucune autre ville ou village. Seules les lanchas qui font le voyage jusqu'à Fronterras, permettent de sortir de Livingston. Nous sommes au Guatemala mais Livingston est habitée de noirs descendants d'esclaves introduits par les espagnols et les anglais. Ici c'est les Antilles avec des maisons créoles, et le parler garifuna! On croit rêver mais ce lieu respire les caraïbes et hormis les prix qui sont en Quetzal, la monnaie locale, on oublierait facilement que l'on se trouve en fait au Guatemala.

Ici ce qui prime c'est l'atmosphère, l'ambiance, parceque côté tourisme... il n'y a pas grand chose à voir. Tout le monde ne prend pas la lancha pour se déplacer et beaucoup possèdent une pirogue qui reste sur ce fleuve le meilleur moyen de se déplacer et adroit est le piroguier qui arrive à se jouer des vagues des lanchas mais aussi du courant de plus d'un noeud qui sévit ici.

Livingston ne doit nullement son nom au Docteur Livingston, mais seulement à un autre personnage moins célèbre qui codifia les lois de la Louisiane au 19ème siècle.

Une petite marina, un seul dock, nous accueille pour la nuit. Le toit du bâtiment qui fait à la fois, restaurant-bar-accueil, est fait de façon traditionnelle est la superstructure que l'on voit en levant la tête est absolument admirable, et l'édifice d'une hauteur impressionnante. Pas de clous, ni de visses, rein que du bush material! Pas une goutte de pluie ne vient à passer au travers. Nous échangerons des bouquins et dînerons là en compagnie de La Nina del Mar, voilier battant pavillon canadien, mais dont les propriétaires sont français Gérard et Maryvonne. Sur le fleuve, le calme est revenu, les lanchas ayant depuis longtemps terminé leurs rotations.

Au petit matin, nous profitons des bienfaits des douches, ici c'est gratuit... et l'eau douce sort tout droit de la rivière! et l'eau douce est un luxe rare à bord, surtout depuis que le dessal nous a lâché! C'est enfin le moment de remonter ce fameux Rio Dulce.

Très encaissé, le Rio est bordé de hautes falaises couvertes de forêts tropicales. La saison des pluies vient de commencer et donne une couleur verte profonde à toute cette étonnante végétation. L'humidité est importante et fait ressortir des odeurs de terre et de mousses que nous avions oublié. Par endroit on a l'impression d'être transportés dans une gravure chinoise!

 

Le long de la rivière des pirogues silencieuses montent ou descendent le courant, doublées par les bruyantes lanchas chargées de touristes. Nous continuons notre balade au rythme de nos petits 18 cv et luttant à notre tour contre le courant. Quelques petites maisons sur pilotis, toits en palmes avec garage à pirogues, bordent le rio.

Les hérons blancs et les pélicans perchés dans les arbres nous observent sans bouger. Les hirondelles nous accompagnent en piaillant et visitant chaque recoin possible du pont pour y faire un nid douillet.

Les piroguiers pêchent, debout sur leur pirogue, lançant l'épervier avec une telle dextérité que Jean-Luc les observe pour tenter de comprendre leur technique, parceque lui n'est pas satisfait de son lancer. D'autres pirogues, pèchent en disposant des petites bouées au bout desquelles pendent des lignes. Ces bouées sont si nombreuses à flotter qu'elles donnent l'impression d'être un seul filet. Le spectacle de la vie sur l'eau se déroule devant nous à mesure que nous avançons.

héron blanc - piroguier sur le rio - piroguier lançant l'épervier

De falaises et forêts tropicales nous nous retrouvons au beau milieu d'un lac d'où émergent de somptueuses fleurs blanches. La végétation autour change et se fait plus marécageuse, plus mangrove.

Lanchas sur le rio - El Golfete, le lac

Le coin est si beau que de nombreuses luxueuses maisons ont hélas poussé, possédant non pas des garages à pirogues mais à vedettes de luxe armées de moteurs! maisons secondaires pour hommes d'affaires guatémaltèques et oui, il y a quelques grosses fortunes à en juger les casas!!

A mesure que nous approchons de Fronteras, les marinas poussent comme des champignons et étant donné le nombre elles ne sont pas immenses, mais c'est surprenant! Du coup, il n'est pas rare de voir deux bateaux amarrés à un ponton et sur la maison du bout du quai un panneau portant l'inscription "marina"!

Nous passons sous le pont routier de la seule et unique route du coin, reliant Fronteras à Florès d'un côté et à Guatémala ciudad de l'autre. Nous découvrons, cachée dans un recoin de mangrove la marina suzana, indiquée par la Nina del Mar, comme super calme et loin du trafic des lanchas. Cette marina nous permettra de laisser Iritis à quai et à l'abri pendant notre incursion dans le pays.

Les prix de la marina sont très honnêtes pour cet abri à cyclone. 150 usd par mois, et nous convenons avec le propriétaire d'un prix spécial étant donné que nous ne pensons pas rester un mois. 70 usd pour deux semaines et 130 usd si nous restons finalement un mois. Eau à volonté et électricité aussi, douches chaudes, restaurant, bar, book exchange, salon tv. Un bon plan à retenir en cas de période cyclonique pour celui qui se trouve dans le coin.

Marina Suzanna - Iritis à quai - Mangrove

Nous découvrons Fronteras, point de départ pour les excursions dans le reste du pays. Une grande rue traverse le village, bus stops de chaque côté et tout au long de la rue des marchands de légumes magnifiques et colorés, qui nous font chaud au coeur. Pommes de terres nouvelles, tomates citrons choux fleurs, aubergines, courgettes longues mais également ronde!, des oignons blancs énormes, des cébettes, des radis, des fraises, des framboises, des mures, des tonnes de mangues, des bananes en tous genres, de monstrueuses pastèques, des melons, des ananas, bref, rien que du bonheur!!! On ne sait plus où regarder tellement le spectacle est pour nous un régal après avoir fait tant et tant de lieux ou rien ne pousse que nous restons plantés là sans bouger! Les carnicera offrent de la belle viande. Il y a même un super marché! De quoi passer en effet une saison cyclonique à l'abri de tout! et pour pas cher, parceque tout cela n'est vraiment pas cher du tout.

Nous mangeons dans un lolo pour 24 Quetzal, 8 Quetzal représentent un dollar US. Tortillas et compagnie c'est très bon, le service local time!! Nous trouvons le bureau des bus stops et nous faisons une réservation pour partir dès le lendemain sur Guatemala ciudad. Il nous en coûtera pour deux allers 80 quetzal. Départ prévu à 7H45!!

Nous retournons au bateau pour tout préparer, manger ce qui reste dans le fridge et nous organisons pour être emmener à Fronteras puisqu'aucune route ne relie la marina à la ville et qu'il est de loin préférable de ne pas y laisser son dinghy plus d'une journée! Pick up prévu à 6H45! La nuit a été diluvienne. La saison des pluies est bel et bien là! Nous nous empressons d'éponger et de rentrer tout ce qui peut encore l'être avant de sauter dans le dinghy de la marina.

Fronteras se réveille et déjà les indiens commencent à installer leurs échoppes dans la rue et prennent leur petit déjeuner assis sur les tabourets des lolos proposant jus de fruits frais, yaourts, etc. Ils arrivent souvent de loin chargés de toutes sortes de choses et après de longs trajets de bus, mais sont toujours souriants.

Guatemala ciudad n'est qu'à 273 km de Fronteras, mais c'est sans compter les arrêts et surtout l'altitude!! Un premier arrêt à Morales nous fait traverser un gigantesque marché de légumes , viandes, poissons mais également de drogueries en tout genre, il y a même des selles de chevaux, et aussi des tonnes de vêtements. Les indiens, en costumes traditionnels spécifiques à chaque région et clan, se promènent et achètent mais surtout vendent, grands producteurs agricoles avant tout! Les stands sont tellement nombreux qu'ils empiètent largement sur la rue et le bus arrive à peine à se frayer un passage pour atteindre la gare routière. Une fois là c'est un vrai concert d'appels et chaque chauffeur hurle la destination de son bus, pour nous ce sera au son des "guaté! guaté!" que nous chargerons les derniers passagers avant de reprendre la route.

Les paysages verdoyants et frais de la région du Rio Dulce font bientôt place à une sierra aride et plus élevée. Les échoppes des bords de route laissent apparaître le changement de climat et par conséquent de culture en vendant chaque fois des fruits différents. Des mangues nous passons aux ananas, puis aux grappes de raisins, etc.

La traversée de la sierra est absolument grandiose, au fond la plaine puis des vallées et enfin on aperçoit les montagnes qui culminent à plus de 3000 mètres. Heureusement le bus est climatisé, mais malgré tout la chaleur dans le bus est intenable! bientôt les hameaux se transforment en villages et nous continuons à monter pour enfin redescendre vers 1500 mètres et arriver à Guatemala ciudad, ville grise, sale et extrêmement laide. Nous avons mis 6 heures pour parcourir 273km! L'ère du TGV vous disiez...!!!

A Guatémala city nous prenons un taxi pour rejoindre la gare routière et prendre un "chicken bus" en clair un bus local! pour Antigua Guatémala située à environ 30 minutes de Guaté. Les chicken bus on le mérite d'être peu cher et surtout très couleur locale, transportant un nombre incroyable de bagages sur le toit et mis à part le fait qu'il n'y a pas de clim, et qu'ils sont peut être moins confortables, qu'iils vont assez vite, code de la route non respecté of course!

Antigua Guatémala, ancienne capitale du Guatemala bâtie par les espagnols en 1543 est entourée de trois volcans l'Agua, Fuego et Acatenango. Fuego est en activité et culmine à 3763 m, l'Agua à 3766 et l'Acaténango 3976m. Antigua se trouve dans dune cuvette à 1500 m.

Ici les rues sont taillées à angle droit, calle portant des numéro croisant des calle portant des noms. Toutes les rues d'Antigua son pavées et bordées de haut trottoirs longeant des maisons basses ou possédant un seul étage, colorées de couleurs ocre jaune ou rouges qui donnent une certaine lumière à la ville lorsque le temps est gris. Ces petites maisons possèdent sur la rue d'énormes portes en bois, des fenêtres ornées d'imposantes grilles en fer forgé, et de luxuriants patios intérieur sont un régal à admirer. Beaucoup de maisons ont été transformées en hôtel ou en restaurant et il ne faut pas hésiter à pousser la porte pour découvrir ces joyaux d'architectures , anciens cloîtres réaménagés, etc, c'est vraiment superbe! Tout ici respire l'héritage des conquistadores espagnol.

 

Antigua est également la ville des églises, couvents. On sent bien ici le poids de l'église catholique et des jésuites à l'époque des conquistadores. Pas une église n'oublie de célébrer Saint Ignace de Loyola, fondateur de l'ordre des Jésuites. Mais il y a également un San Pédro vénéré par les antiguais. Sur les places des églises les indiens se rassemblent pour vendre des fruits frais enrobés de chocolat, des tamales ou autres nourritures. Certains indiens vont prier Dieu sait quel saint puisqu'ils sont passés maître dans l'amalgame des croyances païennes et catholiques. Les églises sont également des lieux de mendicité et nombreux sont ceux qui, assis par terre et dans un état de crasse innommable, attendent qu'un ou deux quetzal améliore leur quotidien. La pauvreté est omniprésente au Guatémala et il n'est pas rare de voir les gens plonger dans les poubelles pour tenter de récupérer de quoi se nourrir.

La Merced vue des toits de notre hôtel!

Difficile pourtant d'imaginer que l'on puisse avoir faim lorsqu'on a fait un tour au marché d'Antigua ou légumes, viandes, poissons frais et séchés pullulent et où l'on arrive à se demander qui peut bien manger tout cela. Et pourtant vieux , jeunes et enfants dorment et vivent dans la rue dans un dénuement total.

Le marché et ses stands de légumes - un stand de piments en tous genres

 

Le soir sur la rue du Marché des dizaines et des dizaines de lolos s'installent et vendent de quoi manger pour 5 quetzal environ. Nous devenons vite des adeptes de la cuisine guatémaltèques. Là encore ces "resto" qui vous offrent un tabouret sous les arbres pour manger, n'attirent bien souvent que les indiens et fort peu de touristes. La nourriture locale, mais riche est excellente tacos, tortillas avec viande, sauce relativement épicée, guacamole, tortillas au fromage délicieuses! On se régale. On sert beaucoup de soupes chaudes et il est vrai qu'à cette altitude la nuit venue il fait plutôt frais!

Antigua c'est également un lieu ou un nombre invraisemblable de spanish school accueille toutes les personnes désireuses d'apprendre l'espagnol. C'est pourtant vrai qu'on peut apprendre l'espagnol ici, mais on n'y avait pas pensé. Plus loin que l'Espagne certes, mais aussi bien moins cher! 50 usd pour une semaine de cours, le prix des chambres d'hotels est de 12 us pour les biens! et la bouffe pas chère, pour les radins il y a même des petits hôtels qui laissent la cuisine libre d'accès. En plus c'est tellement plus dépaysant!

Les monuments à visiter et bien ici, rien d'Indien! Le passé des Guatémaltèque ne subsiste en rien d'autre ici que leurs magnifiques tissages! On ne retiendra qu'églises, couvents et cloîtres seulement!

Nous visiterons le couvent Sainte Clara, fondée en 1693 sur l'ordre des franciscains et détruit par les tremblements de terre successifs de 1717, 1734, 1773 et 1874 pour ne plus jamaisêtre reconstruit.

 

Tous ces cataclysmes naturels, principales causes d'abandon de Antigua comme capitale par les conquistadores qui, dès le tremblement de terre de 1773, abandonnent la ville pour reconstruire plus loin, Guatémala Ciudad la capitale actuelle du pays, laissant à jamais le calme retomber sur l'adorable Antigua, entourée de ses volcans pour le plus grand bonheur des touristes! Antigua, ville la plus touristique du Guatémala.

La Merced, superbe église qui ressemble à un gros gâteau couvert de chantilly avec ses frises blanches sur fond jaune, dont les premières pierres datent de 1546 a elle aussi subit les tremblements de terre puis les reconstructions.

la Merced

Nous apprécions cette petite ville coloniale, tranquille ou peu de voitures circulent et avec toutes ces rues pavées on a l'impression que toute la ville est piétonne! Les ruelles sont sympathiques et à chaque détour on découvre une architecture sympa, une porte superbe, une autre église, on s'en donne à coeur joie!

Le lavoir place san pedro - Eglise st françois - Muraille St François

Nous quittons en bus la coloniale Antigua pour nous immerger dans les populations plus locales et indiennes. Panajachel que nous atteignons après bien des détours! la route monte, monte puis finit par redescendre sur le lac Atitlan qui apparaît soudain après un virage. On le qualifie comme un des plus beaux lacs au monde! on veut bien y croire! Le lac Atitlan s'étend sur 150 km2 et est entouré de volcans dont les sommets sont souvent dans les nuages.

Le lac Atitlan

Au bord du lac, Panajachel, village excessivement touristique, truffé de restaurants et boutiques pour touristes, hotels ou pensions de familles. Panajachel est surtout le point de départ des nombreuses lanchas ou vedettes plus grosses à destination des autres villages qui bordent le Lac. L'air ici est bien frais, plus humide qu'à Antigua et pourtant nous ne sommes qu'à 1560 mètres d'Altitude. Ce lac est né d'une éruption volcanique vieille de 85 000 ans, c'est pas tout neuf! Au cours des siècles l'eau descendant des volcans Toliman, Atitlan et San Pedro s'est accumulée dans cette cuvette naturelle formant ainsi le lac Atitlan.

Ici les femmes Cakchiquel portent un costume traditionnel fait d'une jupe et d'un haut très décoré mais leur différence se situe dans leur coiffure faite d'une bande de tissus d'une dizaine de mètres enroulée autour de leurs longs cheveux noirs et lisses et ensuite remontée en turban.

Panajachel plage et départ des lanchas

San Pedro la laguna, petit village situé au pied du volcan du même nom ne peut être rejoint qu'en empruntant une lancha. En une demie heure nous y sommes. Plus calme que Panajachel, il y a encore a San Pedro des restanques ou le café sèche. Le café du lac Atitlan est considéré comme un des meilleurs café du Guatémala et nous en achetons un peu. L'altitude ici est parait-il idéale pour la culture du café et les plantations apparaissent au détour des ruelles qui s'imbriquent les unes dans les autres comme un interminable labyrinthe. En observant les maisons, faites de briques sèches, on peut apercevoir quelques femmes en train de tisser, sur leurs métiers, de biens beaux ouvrages.

Pas sur son bateau mais pas loin de la barre! - les ruelles de san pedro - le séchage du café

Solola n'est pas sur le lac mais à 2060 m d'altitude et sur la rive de Panajachel, c'est jour de marché et les couleurs nous réveillent d'un seul coup! Le marché est très animé et rares sont les gens qui ne portent pas le costume régional.

Solola, marché indien

Le costume régional des hommes est unique! Petit blouson tissé et brodé, pantacourt ou pantalon à dominantes rouges mais rayés et autour des hanches une espèce de jupe écharpe de couleur brun et écru. Sur la tête un super chapeau de cowboy et au pied, des bottes à bout carré. Un vrai festival de couleurs et d'innatendu. Les couleurs de Solola pour les femmes sont à dominantes rouges, truquoises, fushia. Les coiffures des femmes sont deux longues nattes dans lesquelles on a tressé une bande tissée.

Homme et femmes de Solola.

Les hommes que nous croisons portent de lourdes charges sur le dos et marchent courbés, les femmes stockent sur leurs têtes des ballots de tissus ou légumes et en plus elles ont souvent un bébé enfoui dans une écharpe et dont il est difficile de voir le bout du nez!

Profusion de victuailles ici aussi, poissons séchés, légumes, mais également de nombreux tissages. On s'assoit un instant dans le parc pour observer ces gens si souriants vivre leur quotidien. Les enfants sont attachants et nous observent en souriant mais jamais ne nous demande d'argent. En revanche lorsque vous voulez photographier quelqu'un on vous demandera de l'argent, nous ferons quelques photos discrètement sans rien demander.

Poissons séchés!!!

Chichicastenango est notre prochaine étape et nous prenons deux chicken bus pour y arriver. La route de Encuentros à Chichi est impressionnante. Virages, précipices, paysages somptueux une fois sur le sommet, mais attention, chauffeurs chauffards! Les bus font la course dans les côtes, se doublent en ignorant totalement ce qui peut bien arriver en face! Le paysage ressemble un peu aux Pyrénées. Arrivés à Chichi on saute du bus par l'arrière en évitant de justesse le déchargement de bagages en tous genres destinés à l'étape.

Chichi est un village d'altitude, qui rassemble le plus grand marché indien de la région. Hormis le fait que ce soit devenu un véritable super-marché du tissage, du masque en bois à deux sous, et de tout un tas de bric à brac pour touriste, le village vit au rythme des deux marchés par semaine. Les indiens arrivent ici bien souvent la veille pour installer leurs stands et vivent dessus jusqu'au démontage. Il y a ici tout ce que le touriste peut souhaiter, mais la principale attraction de ce marché reste les nombreux stands de cuisine nécessaire à nourrir tous ces gens. Plaisir de l'oeil, des papilles et de l'odorat!!

Des tissages, rien que des tissages!

Le plus inattendu dans Chichi, se sont ses églises! Deux églises toute blanche qui se font face et sont situées en haut d'une bonne quinzaine de marches et dominent ainsi la place du marché. Au pied de celles-ci, on brûle et rebrûle du copal non stop. Les marches quand à elles sont envahies par les indiens qui vendent des fleurs, du copal, des pétales de roses, destinés aux offrandes faites à l'intérieur de l'église. Eglise catholique bien sûr, prêtre catholique également, mais à peine toléré par les indiens aux rites païens! Et c'est dans l'église et sur son parvis que l'on prend toute la mesure de l'amalgame que les indiens ont réussi faire. Offrandes faites à même le sol, bougies, prières, tout y est. Les sorciers diffusent du copal dans des encensoirs personnels, en attendant qu'un indien vienne leurs demander d'intervenir en leur faveur. A l'intérieur, le prêtre catholique fait une messe, pour les quelques fidèles catholiques qui sont rassemblés.

l'église et les porteurs - le marché - entrée de l'église aux rites syncrétiques

Le marché envahit l'église et le copal envahit le marché!

Dehors, l'activité bat son plein, le marché commence à s'animer et les touristes à arriver, nous en profitons pour nous éclipser.

Nous trouvons un chicken bus direct pour Guaté! on saute dedans et reprenons la route aux précipices. Le chauffeur n'est pas meilleur qu'à l'aller, mais on arrive à Guaté en bon état. Pas facile de se repérer dans cette immense Guatémala, surtout lorsque l'on a pas la moindre idée de l'endroit ou le bus a bien pu nous déposer. Les gens sont cependant très gentils et serviables et en demandant à deux ou trois personnes puis à un chauffeur de bus, on finit par arriver à l'office du tourisme. De là nous pouvons marcher jusqu'à la compagnie de bus pour Tikal.

Comme il n'y a pas de grande route de Guatémala à Tikal, nous sommes obligés de repasser par Rio Dulce qui reste, quoi qu'on veuille bien en penser, la route la plus rapide pour rejoindre Tikal, enfin entre 7 et 9 heures tout de même! Nous optons pour le prochain départ ne voyant pas trop l'intérêt de rester une nuit à Guaté. Bien sûr nous ne verrons pas grand chose de cette capitale, si ce n'est le quartier des affaires, le civic center, la cour de justice, un Burger king ou l'on voit rentrer un gars en combi orange, menottes aux mains, et sous bonne escorte, venir manger (menottes ôtées). On apprendra dans la presse le lendemain que le monsieur a été condamné à mort. Dernière volonté ou juste côté pratique, on ne le saura pas! Guatémala city ressemble à toutes les capitales du monde, ici rares sont les indiens en costume.

Notre bus est presque vide, on nous offre à bord une mini collation, puis le bus s'arrêtera par deux fois pour nous permettre de manger. La route est longue et tant qu'il fait jour on peut profiter du paysage. Dès qu'on arrive, à la nuit, vers Rio Dulce, il pleut à torrent. NOus atteignons Florès, seule ville avant Tikal, et terminus du Bus. Nous sommes crevés et nous devons être prêt pour le pick up en bus pour Tikal le lendemain à 7 heures.

 

TIKAL

Tikal est situé au beau milieu de la réserve de la biosphère maya, territoire protégé de plus de 1.844.900 ha, dans la région du Petel au NOrd Est du Guatémala et, est inscrit au patrimoine mondial de l'humanité depuis 1979. C'est l'une des villes la plus importante du monde maya et possède les plus belles pyramides de cette civilisation.

 

dans la forêt de Tikal

IL faut remonter à 800 avant Jésus-Christ pour retrouver la trace des mayas dans le Peten, région riche en silex qui servait à la fabrication de leurs pointes de flèches et de leurs couteaux. Les constructions de Tikal débutèrent sans doute vers 200 avant J.C. En 250 après JC, Tikal était une cité commerçante riche en culture, religieuse et dotée de 100 000 habitants.

Tikal est envahie en 500 de notre ère, par le seigneur Agua de Caracol au Bélize. En l'an 700, la ville retrouve sa puissance militaire et une certaine splendeur, grâce au seigneur AhCacao. On retrouve d'ailleurs la représentation de ce roi sur certaines stèles. En l'an 900, s'annonce le déclin de la culture maya et par la même celui de cette sublime cité.

Tikal ne fut découvert qu'en 1848, époque à partir de laquelle de nombreux archéologues se succédèrent sur cet immense site qui n'en finit toujours pas de livrer ces secrets.

16 km2 c'est la superficie de la Cité de Tikal qui comprend ces lieux chargés d'histoire au beau milieu de cette forêt ou les singes hurleurs passent de branche en branche, les oiseaux chantent des sons inconnus. Le parc est tellement grand qu'on en oublie assez vite les touristes que l'on croise très rarement.

C'est tout simplement beau! Les arbres ne sont pas en reste, les fromagers, les sapotillier utilisés par les mayas pour les charpentes de leurs temples et la sève par les chicleros pour faire de la gomme à mâcher!

Nous passerons 6 heures à arpenter ce site magnifique, à monter en haut des pyramides dont certaines marches sont parfois périlleuses. Empruntant parfois les marches en bois apposés près d'un angle de l'édifice pour tenter de préserver ces symboles mayas de l'usure néfaste du tourisme, même si les Nike sont montées sur coussins d'air, 500 Nike + 500 Nike + etc... font beaucoup de dégâts au finish!

Nous quitterons Tikal pour retourner sur Flores, petite ville a demi-piétonne, bien agréable et surtout extrêmement calme qui ne vit que du tourisme. Nous nous régalerons d'un liquados, une sorte de jus de fruits frais frappés avec de la glace, la même chose avec du lait s'appelle ... Milk Shake! avant de reprendre le lendemain la route de Rio Dulce.

Terriens d'un temps nous réintégrons Iritis après ce court séjour que nous ne regrettons pas, cette petite immersion dans le monde maya fut un véritable régal. Même si on a fait une overdose de couleurs et de tissages! Oh, bien sûr, on aurait aussi pu faire Quiriga, puis Uaxactun, Ceibal et les autres et même Copan au Honduras, mais non, nous avons choisi Tikal pour remonter le temps au Guatémala.

Toutefois nous ne quittons pas Rio Dulce sans aller visiter le Castillo de San Felipe datant de 1595 et construit à la demande du gouverneur. En 1640 les attaques de pirates s'intensifient et la construction du castillo renforcée et jusqu'en 1736 ce fort bénéficiera d'amélioration et d'agrandissement. C'est en 1955 que ce petit fort sera restauré, grâce à la documentation fournie par les archives générales des Indes en Espagne, disposant des plans d'origines et de certains documents relatifs au fort. Sa position à l'entrée du Lago Izabal en fait de nos jours un lieu de promenade pour tous les guatémaltèque.

el castillo san felipe

Maintenant la belle bleue nous appelle et nous continuons la route vers le Belize.