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Les Iles Vierges

La navigation est sans surprise, le vent nous honore de sa présence jusqu'au bout. Seul le sondeur me fait une petite frayeur en m'annonçant un fond de 0,60m alors qu'il y a plus de 1500m!! Cela a au moins le mérite d'éviter toute somnolence possible durant mon quart. Au lieu de sondeur on devrait plutôt appeler cela un stresseur!!.

30 mars 2003

Dès la levée du jour les îles vierges britanniques se dessinent devant nous. Le vent n'a pas lâché et nous allons jusqu'à Tortola faire notre entrée à Road Harbour. Un cruise ship d'un côté, des voiliers partout de l'autre. Mon dernier séjour aux  Vierges remonte à septembre 99 en plein cyclone Floyd et là il n'y avait pas un voilier sur l'eau et je suis donc très surprise de voir autant de voiles en un même endroit! Tortola est truffée de bases de charters, mais ce ne sont pas les seuls à naviguer, loin s'en faut!

Les Vierges Britanniques découvertes elles aussi par Christophe Colomb en 1493, sont aussi desséchées que Saint-Martin et si ce n'est un côté plus british, of course, on y retrouve quasiment la même chose, le coût de la vie y est sensiblement aussi élevé qu'à Saint-Martin. Le tourisme est la ressource principale, avec les bases de charters qui drainent un bon quota de touristes, de splendides resorts et quelques cruises ships. Ah oui, la différence avec St Martin, c'est qu'ici on y conduit à gauche...

Une fois notre clearance faite, nous quittons Road Harbour pour quelques apnées à Pelican Island aux Indians puis nous mouillons pour la nuità Privateer bay sur Norman Island, celle que l'on considère ici comme l'île au trésor de Robert Louis Stevenson. Hélas, nous n'avons trouvé aucun trésor ni rien qui puisse indiquer qu'il y en ait un, déjà pris sûrement !, nous avons seulement trouvé là un bateau bar-restaurant, le macdo des mers en quelque sorte!!

Mouillage très calme ou nous ne prenons pas les bouées "payantes"! et oui, nous sommes ici au royaume de la plaisance organisée; donc tous les coins sympas où l'on pourrait être tout seul sont frappés de bouées estampillées :"pay to Billy Bones"! et Billy Bones passe tous les jours relever les compteurs avec son dinghy!!!

En fin d'après midi nous quittons la très calme Privateer Bay pour Sopper's Hole, sur l'extrême Ouest de Tortola pour y passer la nuit. Sopper's Hole est un petit village perdu au fond d'une baie, très protégée des vents et le mouillage y est parfait. Il y a une marina et donc un inévitable bar-pub très américain, et tout un tas de boutiques pour yachties friqués uniquement ou rien n'y est original. Cela va du dive shop, de la boutique de glin-glin indiens, à la boutique de sappes pour yachties very british indeed en passant par l'épicerie, mais épicerie fine ou l'on vend du camembert en boite, of course!!

31 mars 2003

Nous décidons d'aller passer la journée à Saint-John aux US Virgin Islands, mais comme nous n'avons pas de visa américain il nous est impossible de nous y rendre à bord d'Iritis et nous décidons de prendre le Ferry. L'affaire se révèle un peu plus coûteuse que nous ne l'imaginions avec 40 usd chacun pour 40 minutes de voyage!, mais qui nous permet d'obtenir un visa pour les trois prochains mois! Et c'était bien là le seul but de notre visite en territoire US. Toutefois nous jouons le jeu des touristes là pour un jour, et St John est assez jolie bien que ce soit un sublime piège à touristes!!! Tout y est très cher, et l'on comprend pourquoi les américains en escale à St Martin se jettent frénétiquement sur les boutiques d'alcool et de tabac! La population locale est strictement la même qu'à St Martin, aussi peu friendly et peu agréable et on y trouve exactement les mêmes choses, comme disent les touristes, "Same shit, different island".

1er Avril 2003

Nous quittons Sopper's Hole pour un adorable îlot de sable que l'on appelle ici Sandy Spit, nous passons devant Sandy Cays, donnée comme appartenant à L.Rockfeller et qui n'est rien d'autre qu'un superbe caillou avec une belle plage et strictement rien d'autre dessus, impossible donc d'aller s'y faire payer une petite coupe!

Nous voulons plonger mais la visibilité n'est pas terrible, trop de houle, nous nous contentons d'une série d'apnées mais soyons honnête on n'a vraiment rien vu!!! On joue juste à descendre le plus profond, et là c'est 9.50m. Tant pis on se rattrapera une autre fois, et comme demain nous voulons aller faire une plongée bouteille, nous décidons de rejoindre Cane Gardens Bay, située côte Nord Ouest de Tortola. Le mouillage de Cane Gardens Bay est calme et assez agréable, bien que relativement touristique au vu du nombre de chaises longues installées sur la plage! Le coucher de soleil superbe, la vue sur Jost Van Dyke imprenable et le soir est egalement tres musical!

2 avril 2003

Le réveil est un peu brutal et la charmante Cane Gardens Bay nous révèle une face cachée de sa personnalité... Nous avions mouillé un peu à l'écart des bouées bien sûr, ici aussi la terrible coutume des bouées payantes est partie intégrante du paysage, et nous sommes réveillés par le bruit de vagues qui déferlent juste derrière le bateau. Nous levons l'ancre sans plus attendre et allons mouiller à l'opposé de la baie plus près de la côte. La houle se creuse et bientôt cela déferle de partout, il y a même quelques surfers qui prennent de belles vagues juste dans la baie, avis aux amateurs ! Les voiliers au mouillage quittent peu à peu Cane Gardens Bay et nous ne tardons pas à en faire autant, la jolie baie devenant de moins en moins attachante! Nous prenons la direction de Beef Island et constatons qu'au dehors la mer est vraiment très formée, le vent souffle à 25 noeuds et la houle est d'environ 2,50m. Nous passons devant le spot de plongée où nous voulions aller mais il est complètement impraticable et de toute façon avec une telle houle la visibilité sûrement très mauvaise. Nous ne sommes pas nombreux sur l'eau et arrivons à Beef Island ou le mouillage quand à lui est très calme.

 

3 avril 2003

Le temps change, le ciel devient rapidement d'une couleur très british et la pluie montre son nez. On aurait du s'en douter, cette île est aussi british que sa consoeur européenne!! La pluie ne cessera pas de la journée et nous resterons là, à lire, écouter de la musique, faire joujou sur l'ordinateur... Mis à part l'avantage colossal d'avoir pu refaire le plein d'eau sans se fatiguer, nous n'avons rien fichu d'autre! Excepté un gâteau!! Que nous mangerons devant une tasse de thé, british look for british weather! On attendra tranquillement demain pour savoir ce que la météo nous réserve!

 

4 avril 2003

Enfin une éclaircie, nous pensons lever le camp pour aller à Anegada, là au moins on pourra se mettre à l'eau. Nous partons assez tard à cause d'un stop au cyber café local très bien équipé et Jean-Luc a quelques bricoles à faire avec son ordinateur. Pendant ce temps je joue avec ma machine à coudre et fabrique quelques housses pour le carré. Nous mangeons et levons l'ancre. Le mouillage très bien abrité nous avait presque fait oublié que le vent était toujours là et qu'il soufflait quand même toujours à 15-20 noeuds.


Nous prenons la direction d'Anegada et nous sommes au prêt, ce qui devrait nous faire arriver vers 17h30. Nous croisons une superbe raie aigle qui semble voler juste sous la surface de l'eau, c'est beau, majestueux! L'arrivée à Anegada est assez délicate, il y a peu de fond et des patates de corail. Il y a bien des cartes sur l'ordinateur, des bouées sur la mer, mais une fois mouillée, force est de constater que la carte... n'est pas tout à fait exacte! Si l'on en croit le GPS connecté à l'ordinateur, nous sommes actuellement mouillé dans les terres!!! Bon, il faut visiblement être vigilant avec ces petites choses!!!

Anegada est toute petite et très basse sur l'eau, il y a juste quelques habitations un petit quai, des bouées payantes et des bateaux charters bien évidemment ! C'est très calme et à la nuit le ciell resplendi d'une myriade d'étoiles. C'est calme, nous sommes mouillés sur l'extérieur vers le Neptune's Treasure, un restaurant. Au loin on entrevoie les lumières de Virgin Gorda et de Tortola. De Tortola on ne voit pas Anegada ni le jour ni la nuit.

 

5 avril 2003

Au réveil le ciel est gris, la mer couleur de lait, bref... c'est pas le soleil qui nous aveugle encore aujourd'hui. Juste après notre breakfast et l'écoute des news sur la BLU, nous voyons se former au large sur Virgin Gorda une chape de nuages bien noirs! Et ce qui devait arriver arriva. Il commence à pleuvoir sur Anegada et c'est bien la chose la plus triste à voir. Sur nous se déverse des trombes d'eau, nous complétons les quelques litres d'eau manquant, mais nous rangeons les lunettes de soleil et la crème solaire pour la journée. Si avant ce soir le ciel ne s'éclaircit pas nous allons manquer le rendez vous des Pléiades avec la lune!!! Zut alors! Résultat des courses, ciel de plomb, pluie, vent, donc même programme qu'à Beef Island ! mais pas de couture pour aujourd'hui.

 

 6 avril 2003

Le ciel d'hier soir ne s'est pas dégagé et nous n'avons qu'à peine entre aperçu la lune cachée derrière un nuage... Dommage! Ce matin le ciel est dégagé et la mer calme. D'un coup d'annexe nous allons explorer une partie quasi inaccessible de l'île, protégée par un reef impressionnant. Nous nageons sur le reef au milieu des vagues qui déferlent, parceque côté snorkel, c'est encore manqué! Heureusement cette immense plage de fin sable blanc est géniale et complètement oubliée des touristes. Dans la soirée nous allons faire un tour à  terre et le nombre de restaurant, resorts ou autres est assez impressionnant. Il y a un gift shop qui fait cyber mais à un tarif prohibitif! A la tombée du jour un vol de flamands roses décrit un grand cercle dans le ciel et va sans doute se poser sur un des étangs de l'ile, mais ils passent trop loin pour tenter une photo.

 

7 et 8 avril 2003

Nous quittons le mouillage d'Anegada West End pour mouiller tout près du Horse Shoe Reef. Et c'est un peu mouillé au milieu de nulle part que nous ancrons, entre deux patates de corail et à quelques brasses du reef. C'est très beau, le sable blanc sous le bateau et devant le reef sur lequel les vagues viennent se casser. Cela ressemble un peu aux Tuamotu. On se met à l'eau et on profite du paysage. Quelques beaux poissons, et sur l'extérieur le reef est complètement mort. Nous passons la nuit sur ce mouillage, tout seul. Au réveil, le reef est endormi et c'est une mer plate qui s'ouvre devant nous!!! Cela pourrait être un joli piège! Mais au bout d'une heure, l'écume blanche des vagues fait réapparaître le reef. Nous quittons ce coin de rêve pour rejoindre Saba Rock. Jean-Luc met sa ligne et alors que nous nous traînions à 3 petits noeuds, la cane se met à dérouler et à plier, plier... et crack... la fixation de la cane cède sous le poids d'un poisson qui s'est détachée et dont nous ne verrons la forme ni ne goûterons la chair!!! On finit par arriver sur Saba Rock sur Virgin Gorda,  ou le fond de sable blanc du mouillage est recouvert d'énormes étoiles de mer communes (Oreaster reticulatus) et qui physiquement n'ont pas grand chose en commun avec nos bonnes vieilles étoiles de mer de métropole!! Nous faisons une plongée sur un site "les invisibles" ou nous nous rendons en annexe. Le courant est assez important mais en surface principalement et bien que la visibilité ne soit pas excellente il y a une foule de poissons sur ce petit récif qui descend a 20 mètres. Un beau barracuda nous accueille, tel le maître des lieux, des poissons anges français (pomacanthus paru), et des poissons anges royaux (holacanthus ciliaris), de nombreuses carangues de différentes espèces, des poissons perroquets, des vivaneaux, des labres et de jolies girelles paon, deux énormes langoustes... Oui, je sais tout cela est bien tentant et une langouste ou un joli poisson dans notre assiette de ce soir serait bien sympathique, mais lorsque tous ces poissons se laissent approcher si facilement on se rappelle rapidement que nous sommes ici dans une réserve naturelle et la chasse sous-marine interdite aux Iles Vierges Britanniques!  Alors on s'eclipse sans rien prendre, sauf quelques photos!

 9 avril 2003

Nous quittons Saba Rock après avoir pris un bon grain et fait quelques contrôle de matos plongée. Deux rémoras sont collés sous la coque d'Iritis et ont l'air de s'y trouver bien mais Jean-Luc a décidé que c'est dans son assiette qu'ils feraient mieux, or c'était sans compter sur la rapidité de mouvement de ces petites bêtes! Nous atteignons Spanish town, la ville importante de Virgin Gorda après avoir quasiment régaté avec quelques voiliers. Le mouillage est on ne peut plus mouvementé et nous bougeons ensuite pour les Baths, haut lieu touristique de l'île, célèbre pour ses gros cailloux qui protègent la plage de sable blanc et son eau bleue turquoise. Le mouillage n'est pas terrible, mais l'eau transparante. Vers 16 heures nous reprenons la direction de Beef Island poussés par le vent, tranquillement et sous le soleil. Ce soir le vent s'est levé et les rafales sont impressionnates sur ce petit mouillage qui est d'ordinaire plutôt calme. Demain nous devons faire notre sortie, mais peut-être irons nous la faire à Sopper's hole, dernière étape avant de quitter les Iles Vierges Britanniques.

Pour conclure, notre séjour aux Iles Vierges Britanniques s'est bien déroulé, c'est pas le désert!  mais plutôt un petit paradis pour plaisanciers, le choix des îles y est nombreux et toutes offrent un aspect totalement différent, la navigation, à condition de respecter les cartes y est peu difficile. Tout y est un peu trop organisé à mon goût, "business is business" mais on arrive tout de même à éviter tous ces petits pièges, comme ceux de Billy Bones! Enfin pour ce qui est de faire des appros, c'est évidemment pas le bon coin, et Saint-Martin y serait presque "pas cher" comparé aux prix pratiqués ici!! Et vu que les poissons n'ont pas mordu et que on ne peut pas faire de chasse sous marine!, vaut mieux pas y rester trop longtemps! A moins d'aller chasser dans les eaux des Iles Vierges Américaines ou là on a le droit!!!