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retrouvez Marie-Rose
aux jumentos
En dépit d'une saison cyclonique relativement
avancée, puisque nous sommes déjà le 10 août, nous
décidons de prendre la direction de Cuba où nous avons repéré
quelques bons petits "trous à cyclones" sur la côte Nord-Est.
Mais les Bahamas où nous venons de passer 3 mois à travers les
Exumas, Andros et New Providence, nous réservent là encore un
de ses petits plaisirs! Sur notre route pour Cuba un Archipel quasi abandonné
s'offre à nous et c'est le genre de chose devant lequel nous ne saurions
passer sans en profiter
Nuevistas Rocks, Pear Cay, No Name Cays, Water Cay, Torzon Cay, Lanzadera
cay, Famingo Cay, Man Of war Cay, Jamaica Cay, Seal Cay, Sister's Cay, Nurse
Cay, Buenavista Cay, Raccoon cay, Hog Cay, Ragged Island and Little Ragged Island,
composent l'archipel des Jumentos. On a bien essayé de
chercher sur l'encyclopédie de notre ordinateur mais ils ne connaissent
pas. D'ailleurs on ne saurait leur en vouloir puisque même les documentations
des Bahamas ne les citent que très rarement. Mais on les a trouvé
quand même!
Nous quittons Nassau, direction les Exumas que nous redescendons relativement
rapidement en quatre navigations. 56 miles pour atteindre Shipman's island 24°
47 955 N - 76°49 755 W, 53 miles pour Blackpoint Cay 24°06 311 N - 76°
24 345 W vent NE, 47 miles et nous voilà à Rocky Point Cay 23°
35 N - 76° 05 W vent N-E le matin et S-SE l'après midi, à
nouveau 47 miles ou Dove Cay nous attend 23° 25 80 N - 75° 42 50 W et
dernière île des Exumas. Chaque fois le vent souffle entre 15 et
20 noeuds parfois 25. Le temps est souvent orageux, le ciel noir. Les éclairs
déjà impressionnants la nuit, révèlent une toute
autre intensité lorsqu'ils s'abattent sur le bleu turquoise du bank.
Les vagues cassent sur l'étrave et un manteau d'écume se disperse
le long de la coque troublant ainsi le calme. Par temps nuageux, sans soleil,
le bank devient difficile à naviguer. Aucun repère, aucune visibilité.
Parfois les nuages surplombant les hauts fonds prennent une teinte verdâtre
mais cela n'est qu'un indice, non un repère de navigation!!!
De Dove Cay, il ne reste que 23 miles pour atteindre Les Jumentos et Water Cay, notre première escale au milieu du rêve. Pas âme qui vive aux alentours. Déjà les Exumas, côté Bank, nous avaient offert le luxe de l'isolement, si près des Etats-Unis et pourtant beaucoup moins convoitées que la côte aux Vents plus facile d'accès pour les grands tirants d'eau.
On a beau être aux Bahamas, aucun yacht de luxe ne vient traîner ses parebatages dans le coin. Tant mieux dans un sens! Quelques voiliers y passent parfois, lorsqu'ils ne sont pas découragés par le manque de marina et structures en tous genres. Parceque quand on dit qu'il n'y a rien, c'est vraiment rien. Alors avant de quitter Nassau ou encore George Town, capitale des Exumas, il est évidemment plus que recommandé de faire le plein de bouffe, mais aussi de gasoil et d'essence.
En revanche, côté nourriture aquatique on peut dire que c'est le top! Langoustes à gogo, en plus c'est la saison, Lambis juste aux bout des palmes, poissons en tous genres, donc si vous êtes pêcheur ou chasseur, le restaurant est au pied du bateau. En revanche les légumes sont rares voire inexistants. Il vaut mieux y avoir pensé avant, à moins que vous ne soyez tentés par quelques pieds de pourpiers!!
Les mouillages qu'offrent l'Archipel des Jumentos pullulent et sont tous aussi beaux et confortables les uns que les autres. On mouille dans pas d'eau ou presque, on voit le fond et décide du menu. Les plages de sables fins d'un blanc aveuglant sont un éternel délice et on a même du mal à revenir à bord après avoir fait quelques balades sur l'un de ces joyaux et trainasser dans cette eau chaude et couleur de ciel.
Water Cay est en réalité composée de deux cays séparrées par une crique étroite. Plusieurs reefs de faible profondeurs sont situés autour. On peut aller à terre et s'engager sur un petit sentier de biquettes et une fois au sommet les Jumentos s'étalent sous vos yeux.
Comme c'est l'ouverture de la pêche à la Langouste, les seuls bateaux que nous croisons sont des petits bateaux de pêche traînant derrière eux trois ou quatre boston whailers. Une fois sur leur zone de pêche les boston partent le matin et reviennent le soir chargé de leur précieux butin à antennes. Deux techniques, celle ou l'on ne conserve que les queues, destinées à être congelées aussitôt, la deuxième on conserve tout et les langoustes attendent sagement au pied du bateau dans de grands casiers. Les pécheurs viennent principalement de Long Island, qui n'est pas très loin. Ils pêchent en apnée ou avec des narguilés.
Les lambis qu'ils pêchent également se vendent entre 1.50 et 3 usd. La langouste quand à elle atteint les 11 usd la livre Ce qui permet aux capitaines et pêcheurs embarqués de se faire des saisons relativement confortables. Certains remontent plusieurs fois dans la saison, qui s'étale sur 8 mois, pour vendre leur prestigieux butin à Nassau.
Flamingo Cay est un vrai petit paradis, avec des grottes qui ressemblent à des grottes et l'on y rentre même en dinghy côté mer, et mouiller à l'intérieur puis en escaladant un peu on ressort côté terre et on découvre alors le superbe étang d'eau douce de l'île.
Flamingo est assez grande et en dinghy on peut l'explorer. Il y a plusieurs mouillages possibles en fonction des vents.
Chaque fois les oiseaux se montreront curieux et nous approcheront de très près.
Nous grimperons vers ce qu'il reste du phare de l'île à travers une forêt de mansenilliers qu'il vaut mieux éviter d'approcher lorsqu'il pleut (poison tree en anglais) et de frangipaniers sauvages aux odeurs si subtiles, pour découvrir une vue imprenable.
Jamaica Cay! Ah! Sur le guide dont nous disposons on nous annonce en 99 la construction d'un resort de 15 petites lodges, avec possibilité de refueling, bar... A notre arrivée nous constatons qu'il y a bien deux trois petites constructions dont l'air abandonné dénote avec l'idée que l'on peut se faire d'un resort! Deux personnes vivent effectivement sur Jamaica Cay et en sont propriétaires. Percy et son épouse, depuis une vingtaine d'année ont de grandes idées pour un grand rêve mais à la base il manque et l'argent et le courage! Un jour peut être, mais pour l'instant il y aurait un sacré boulot de nettoyage etc, avant de voir ce que l'on pourrait touristiquement reconnaître comme étant un resort. Percy et son épouse sont vraiment très sympa quand même et vivent en partie ici, un peu à Ragged Island et un peu à Nassau.
La principale Ile de l'Archipel des Jumentos, et seule habitée, est
Ragged Island. Située à l'extrème sud des Jumentos,
à seulement 60 miles de Cuba, Duncan Town ne se voit pas de la
mer. En fait il faut avant tout naviguer dans un canal étroit et peu
profond pendant près de 3 miles avant d'arriver au pied de la ville.
Un véritable trou à cyclone et nous ne sommes pas les seuls à
y avoir pensé puisqu'un trimaran "bluesmergo" nous y a précédé.
Nous apprendrons d'ailleurs que ses propriétaires sont français
et devraient revenir vers la mi octobre.
Duncan Town, 48 habitants à plein temps, est plutôt du genre tranquille. Les gens sont tous pêcheurs. Certains travaillent encore le sel sur l'immense saline de l'île. Cette activité autrefois florissante, n'est plus au goût du jour même si certains disent encore l'exporter. On brûle quand même d'envie de leur raconter la remise en route des salines de Guérande, Ré, Oléron, Madame, et leurs nombreux dérivés très à la mode et qui font recette.. Les roses des salines tranchent avec le blanc du sel et le bleu du ciel.
Les gens ici sont sympathiques et serviables. Le Mail Boat est censé ravitailler Ragged Island une fois par semaine mais c'est en fait plutôt irrégulier, cette fois ci sa dernière rotation date d'il y a quinze jours. Un aérodrome permet de rallier Long Island une fois par semaine, puis de Long Island vers Nassau. La ligne Nassau-Ragged Island a été fermée il y a un peu moins d'un mois, jugée peu rentable! Cependant un incessant ballet aérien occupe ce petit aérodrome, complétement isolé de tout et situé sur un versant totalement inhabité de l'île! Le ciel d'ailleurs fourmille d'activité entre les avions "en visite" et les coasts guards américains qui surveillent de très très près cette île si proche de tout et si loin de tout!!!
Pour veiller sur la santé des habitants, une infirmière est là. Mais lorsque les gens ont besoin de soins plus conséquents ils se rendent à Cuba. Les soins y sont moins chers qu'à Nassau et meilleurs. D'ailleurs un vol Nassau-Cuba n'est que de 170 usd. La plupart des maisons de Duncan Town sont inhabitées ou complètement abandonnées.
Beaucoup de ses habitants ont rejoint Nassau ou George Town dans les Exumas ou les chances de trouver du travail dans les grands resorts est plus évidente. Ici, une poste, un bureau du gouvernement, Batelco le centre de communication téléphonique semblent être les seuls emplois possibles. Il y a bien une police station, mais les deux policiers sont envoyés de George town et relevés tous les mois. Ils s'ennuient ici à mourir et la criminalité étant nulle, la cellule située dans le batiment du gouvernement à trouver un autre usage et ne sert plus qu'à stocker les balais de nettoyage!!
Le courrier lui aussi suit les aléas du mail boat et ne part et n'arrive que lorsque le mail boat montre sa proue!!! L'internet fonctionne, et l'employé de Batelco nous laisse utiliser son ordinateur pour cheker nos emails et c'est drôlement sympa. Les cabines téléphoniques des rues permettent de téléphoner partout mais on ne peut recevoir d'appel. La encore nous passons par Batelco ou des cabines ou l'on peut recevoir des appels sont disponibles. Ici tout le monde se connaît et vous connaît bien sûr. Le frère de Mr Batelco tient une petite épicerie et le cousin de Mr Batelco s'occupe de jeter un oeil sur le trimaran français en l'absence des propriétaires, pendant que le père de Mr Batelco, lui, fait la pêche! Et son frère le Sel! Ici, peu de femmes. Une ou deux à la poste, l'infirmière, la dame qui fait du pain, mais c'est peu. La ville a eu raison d'elles, ainsi que, très certainement, la société de consommation! Ici pas question d'aller faire du shopping. Tous attendent le mail boat avec impatience parcequ'il apporte les provisions commandées ainsi qu'essence et gasoil. L'épicerie locale fournit uniquement le nécessaire mais bien souvent par manque de débit les produits sont périmés. Seuls luxe de l'épicerie, les glaces et les boissons gazeuses. L'alcool est vendu dans les bars uniquement et ils sont nombreux : trois!
Les pécheurs donnent toutes sortes d'indications sur ou aller pour pêcher et chacun fournit sa recette de cuisine. Nos pêches sont toujours miraculeuses. Les cyclones semblent nous éviter et monter nord, et Ragged Island est idéal comme abri. Il y a des temps sans ien-ien ni moustique et d'autre ou pétole se charge de les faire revenir et nous ne pouvons, hélas, qu'être leurs proies.
Little Ragged Island, située à deux pas de Ragged Island est un bon nid à lambis et nous en ferons le plein. En nous y rendant nous serons escortés par des dauphins, qui joueront dans notre étrave un bon moment.
Hog Cay, havre de paix, et bon coin de pêche! Royaume des biquettes qui déambulent sur des falaises blanches, tels des chamoix ! et grand rassemblement de chasse pour les habitants de Ragged island, ce qui leur permet de changer du poisson. Nous n'arriverons pas à approcher ces demoiselles et leurs boucs qui se savent chasser...
Nous emprunterons un sentier qui nous mènera sur la côte aux vents via une saline désafectée. Face à la mer les plus belles plages des bahamas perdent leur plus beaux atours lorsque l'on considère la place indéniable que prend le plastique dans le monde marin!
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Au détour de la plage nous ramassons de belles racines de bambous aux formes sculpturales , tel un drakkar, mais les vikings n'auraient-ils pas fait un tour par là, histoire de réchauffer leurs vieux os...
De retour au bateau nous percuterons la survie, périmée, pour voir... et nous coulerons avec! Tous les boudins se sont joyeusement décollés un par un... Heureusement que nous ne comptions pas sur celle là! Première étape, on embarque et on commence à ouvrir les petits sacs, deuxième étape on commence à couler, troisième étape on abandone la survie...
Notre premier sejour aux jumentos etaient tellement bien que la maman de jean luc venant nous voir, nous decidons d'y retourner apres etres remontes sur a Georgetown aux Exumas ou elle nous a rejoint par un petit vol typique bahamas.
Les vents nous ont fait un peu attendre avant de pouvoir atteindre les jumentos mais une fois la, nous avons passe un sejour a nouveau exceptionnel et avec de bonnes peches... farniente et eau bleue a gogo!
Et c'etait tellement bien que nous y reviendrons 3 autres mois avant de partir sur Cuba...
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