27 janvier 2003,
trois heures du matin nous mouillons sur le flat de Colon, côte atlantique
du Panama, après 5 jours de navigation ultra calmes et de nombreux cargos
croisés.
Le premier stop incontournable est bien entendu le Yacht Club de Colon. Il y a pas mal de voiliers amarrés dans la marina, et environ une vingtaine de voiliers au mouillage sur le flat. Yacht Club sympathique, à la fois lieu de rencontre avec son bar et son restaurant, rendez vous des yachties du monde entier, échange de bouquins, boîte aux lettres, internet, …et même des indiens Kunas assis par terre y vendent leur molas.
Un dinghy dock à la disposition des bateaux au mouillage, permet d'aller à terre moyennant a few dollars of course.
Le yacht club est proche du centre ville et nous y allons à pieds. A première vue, le coin ne manque pas d'animation ! Les bus, très colorés et customés, sont hilarants et ont fière allure ! mais on ne peut pas dire qu'aux heures de pointe les busmen fassent preuve d'une organisation innée ! Ce petit monde se déplace dans un capharnaüm de klaxon et de coups de gueule orchestrés par celui qui sera le plus bruyant !
Un petit marché de légumes se tient au beau milieu des pots d'échappements de la station de bus et l'on peut y acheter de superbes plantains, ananas, pamplemousses, oignons, pommes de terre et d'énormes pastèques.
Devant nous s'ouvrent les grands axes de colon, avec des rues à numéro, calle 10, 11, 12 etc, croisées par des calle limon, avenida bolivar, avenida del Parque, etc.... Il y a beaucoup de monde dans les rues. Calle 11 au premier étage d'un immeuble, deux cyber café pour moins d'un dollar de l'heure et ou l'on peut téléphoner en France pour 0.35cens la minute! ! Je me fais une joie de téléphoner à Papa.
Les rues ont un petit air " 18ème arrondissement de Paris - boulevard Barbès " spanish style bien sûr, avec souks à la Tati, et petits vendeurs aux coins des rues. Des dizaines de boutiques, tenues souvent par des chinois, vendent tous exactement la même chose, vêtements, chaussures, maillots de bain, articles de cuisine, bref ! rien ne manque, et tout cela à des prix défiant toute concurrence, comme 1.95 usd le maillot de bain ; 2,95 usd le short, le T.Shirt pour 1.95 usd, industrie du faux on ne saurait dire, mais la fringue ne vaut pas bien chère ici !
Les restaurants servent en général de la cuisine chinoise et chaque assiette copieusement garnie suffit pour deux ! et les prix très bas.
Nous trouvons ici et là tout ce dont nous avons besoin, qu'il s'agissent de courroies pour l'alternateur ou pour le compresseur, bouffe, fringues et autres. Mais pour ce qui est des shipchandlers il vaut mieux miser sur Panama City.
Au yacht club nous apprenons qu'un bus pour environ 15 personnes doit aller à Panama City gratuitement. Renseignements pris, il s'agit d'un bus de chez Super 99, la chaîne de supermarché du coin, qui nous emmène faire des courses chez Méga Dépôt (leur dépôt en gros!) et ensuite un petit tour dans un Super 99 (pour donner le change !). Nous décidons de faire partie du voyage.
Nous rencontrons ainsi d'autres yachties, et nous voilà partis pour " a shopping day ! " Le voyage à Panama City à bord de cet ex-bus scolaire américain est un vrai cauchemar ! pas de suspension du tout, des trous et des bosses partout sur les routes empruntées…et au bout un coin de Pacifique ! 80 km séparent Colon de Panama City, donc l'Atlantique du Pacifique.
Au retour, nous longeons une partie du canal et nous découvrons les écluses, traversons de superbes forêts, apercevons un bout du lac Gatun…
De retour au Yacht Club on redonne à chacun ses achats et les annexes chargées rejoignent leurs bords. Fondues suisses, vins blancs et rouges chiliens, boîtes en tous genres, olives, capres, etc… plein de bonnes choses pour les jours à venir viennent trouver leur place dans les cales d'Iritis..
Cette inconfortable balade, nous fait rencontrer Charline et José, un couple d'américains partis pour 6 mois sur leur bénéteau 40 CC, Gitana. Ils habitent à Fort Lauderdale et arrivent de Jamaïque.Ils ont des problèmes d'ordinateur et Jean-Luc entre en jeux et essaye de démêler leur problème qui n'a pas l'air simple d'ailleurs ! Entre nos deux bateaux s'installe de bons rapports et nous commençons à partager déjeuners, dîners, apéritifs ! On croirait habiter sur le même pallier ! !
Le 7 janvier Gitana et Iritis quittent Colon pour Portobelo. Une fois les breakers passés Iritis fait demi-tour. Trop de vent et de sacrés vagues et nous stagnons. De plus nous sommes au près. Notre moteur de 18cv ne fait pas le poids ! Gitana, équipé d'un moteur de 50cv, continu et met trois heures pour atteindre Portobelo.
Le 10 janvier, à 4 heures du matin, Jean-Luc, réquisitionné par Seabride, un Tamaya 37 néo-zélandais embarque à son bord pour passer le Canal. Une bonne expérience même s'il faut se lever tôt. Le transit a lieu en une journée, rares maintenant sont les bateaux autorisés à le faire en deux jours dont une nuit sur le lac Gatun. Trop cher et pas assez de pilotes ! Il rentre de Panama city en taxi vers 19 heures avec un couple d'américain également embarqués sur Seabride.
Enfin le 12 janvier le vent est un peu tombé, la houle moins importante et nous levons l'ancre, passons les breakers de colon et rejoindre Gitana qud nous avertissons par BLU. Quelques bords plus tard nous arrivons sur Portobelo où Charlene et nous accueille en dinghy et nous mouillons au pied des superbes fortifications de ce village historique.
Portobelo 12 janvier - 22 février 2004
Portobelo, petite ville découverte par Colomb again, au fond d'une baie magnifique est ancien repaire de pirates et base de Francis Drake pour dérober les vaisseaux marchands espagnols. D'après le jésuite Thomas Gage les entrepôts de Portobelo n'étaient pas suffisants pour contenir l'or et l'argent qu'il n'étaient pas rare de voir s'entasser ces trésors dans les rues. Raison pour laquelle Portobelo du faire face à de nombreuses attaques de pirateries. En 1739, l'amiral britannique Vernon détruit les forts de portobello et plus aucun vaisseau commercial ne vint à Portobello pour y charger les marchandises acheminées du Pacifique par voie de terre. A partir de ce moment là les voyages par Horn devinrent inévitables.
Les fortifications de Portobelo situées sur les deux rives et au fond de la baie sont abandonnées et partiellement détruites par endroits. On peut toutefois s'y promener et grimper jusqu'en haut de celles qui dominent la baie et offrent une vue sans pareil. On n'ose imaginer l'allure que devait avoir cette baie lorsque tous ces vaisseaux rassemblés sur ce mouillage fourmillaient d'une activité, désormais révolue, qui avait fait la renommée de Portobelo.
Nous remontons la rivière qui se jette à Portobelo et débouchons sur une belle mangrove. Des bananeraies poussent sur les rives et sont les jardins des indiens qui s'y rendent en pirogue. A mesure que l'on pénètre dans la rivière, des vaches broutent au milieu de champs assez marécageux. Nous pique-niquons entourés de vaches qui se déplacent avec une armée d'aigrettes tout en nous snobant du regard !.
Quelques bons dîners, daube, musique cubaine et djumbe ! un sérieux mélange il faut le dire, nous permet de faire entendre aux autres bateaux que nous avons le rythme, ce qu'ils semblent apprécier en répondant par des soufflets de conches ! Les singes hurleurs, que nous entendons le soir et le matin, doivent se demander ce que bien être tout ce capharnaum !
La mer n'est pas très claire et avec Jean-Luc nous faisons tout de même un peu d'apnée. Depuis les Caymans nous ne nous étions pas mis à l'eau et cela commençait à faire long !
Sous l'eau dans la baie de Portobelo!
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Portobelo - Isla Linton - Isla Grande 23- 25 février 2004
Nous quittons Portobelo pour Isla Linton, que Georges et Nathalie de Trusquin nous avaient largement recommandée et je dois dire que nous ne sommes pas déçus du voyage. Mis à part un canadien qui fait tourner son générateur non stop et qui fait du bruit, le coin est superbe. Au pied des arbres d'un côté et à deux brasses d'une île de l'autre, nous mouillons dans ce havre de verdure. Nous allons faire un tour sur l'le ou des singes noirs et sympathiques se laissent approcher relativement facilement et je mitraille ces cousins venus d'ailleurs qui observent ces grands singes à face blanche armés d'appareils photos !
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L'eau est turquoise, on se baigne et se délecte, pas grand snorkel ici mais on s'en fiche on nage. On profite du calme du mouillage pour faire un grattage de coque étant donné que notre antifouling commence un peu à se faire rare et il est grand temps que l'on pense à refaire un carénage ! Mais en attendant on gratouille régulièrement et les séjours dans des eaux aussi crades que celles de Colon ne sont pas les bienvenues, d'autant que les bernicles sont de sorties
Rio Escribanos - 26 février 2004
Après avoir dit au revoir à nos singes, nous filons vers Rio Escribanos, une mangrove comme on en a vu tant et tant à Cuba. Nous mouillons là, suivi de Gitana. C'est calme et reposant. De temps en temps un bruit étrange venu de la mangrove nous parvient, toutes les idées sont lancées sur l'origine. Charline et moi découvrons le lendemain matin alors que nous traînons dans la mangrove qu'il s'agit de Toucans. Pas l'énorme jaune et noir, mais un plus petit toucan propre aux mangroves.
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