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ARCHIPEL DES SAN BLAS

KUNA YALA

27 février 2004 - 21 mars 2004

San Blas, Kunas et Molas en quelques lignes…

Il y a 500 ans les kunas se peignaient le corps de dessins colorés et de formes géométriques en guise de vêtements. Dès l'arrivée des européens au milieu du 18ème siècle, les kunas commencèrent à se vêtir et les femmes se mirent à coudrent des molas qui leur arrivaient jusqu'à mi mollet. De nos jour, la robe à raccourcie et n'est plus qu'une tunique ornée de petites manches bouffantes, mola devant et mola dans le dos, dont le bas est rentré dans un paréo appelé le " saboured ".

 

Les molas sont faits selon une technique que l'on appelle " appliqué ". Les points doivent être quasiment invisible d'un côté et apparaître très petits et réguliers de l'autre. Autrefois les molas étaient faits de 5 épaisseurs de tissus, mais de nos jours les couches disparaissent et il devient même rare d'en trouver à 4 épaisseurs. Quelques semaines de travail sont nécessaires pour obtenir un mola de bonne qualité, mais il existe des molas pour touristes qui, hélas, ne possèdent que deux épaisseurs de tissus nécessitant un à deux jours de travail seulement. Les molas sont très colorés et les traditionnels dessins géométriques disparaissent et font place à des dessins stylisés d'animaux, objets quotidiens, quand il ne s'agit pas d'un superman revu et corrigé à la mode kuna !

 

Les femmes portent, en plus de leur tunique mola, des jambières et des avants bras en perles, toujours à motifs très géométriques, qu'elles gardent toute leur vie et ne retirent que lorsqu'il est nécessaire de les refaire. Relativement serrés, ces " bracelets " déforment parfois les bras et jambes des femmes kunas.

Les indiens Kunas sont propriétaires de l'archipel des san blas qui représente 320 000 hectares sur 230 km sur le continent panaméen et 350 îles. Leur communauté appelée Kuna Yala (en espagnol commarca de san bals), est gérée par eux mêmes et ne dépend pas du gouvernement de Panama. Peuple autonome, capables de vivre en autarcie, ils respectent la nature dont ils tirent leurs ressources principales pour se nourrir, la mer et ses poissons, la terre ou chacun y possède un petit jardin. Aujourd'hui les règles changent et le commerce extérieur leur rapporte également un moyen de subsistence. Ils produisent 20 millions de coco par an qu'ils vendent aux colombiens, les femmes tirent profit de la vent de leurs Mola aux nombreux touristes.

 

Chichime

 

 

Petite nav tranquille pour arriver jusqu'à Chichime, notre première escale aux san blas !

 

 

 

Ici c'est un peu comme aux Tuamotu, de petits atolls de sable blanc, à peine plus haut que le niveau de la mer, recouverts pour la plupart de cocotiers immenses et quelques huttes habitées par les indiens Kunas.

 

 

 

A peine avons nous mouillé l'ancre que des pirogues arrivent de tous côté pour nous vendre des molas. De chaque côté le bateau est pris d'assaut et les filières recouvertes de molas aux couleurs vives. Difficile de dire non mais difficile de faire son choix, tous ont quelque chose de joli, soit par les couleurs, les motifs, donc je craque ! ! !

Les hommes parlent espagnol ainsi que les enfants, mais les femmes ne parlent que le dialecte kuna. Difficile de les comprendre et cette langue n'a vraiment rien à voir avec quoi que ce soit que l'on connaisse. Heureusement il ya le sourire, et là comme au groenland , c'est un autre royaume du sourire. Ces indiens sont gentils, souriants et ne montrent aucune agressivité ni violence.

Les pirogues, qu'ils appellent Ulu, sont faites dans un bois très lourd et les femmes sont souvent seules, avec des enfants à bord, elles pagaient pour venir vendre les molas.

Les hommes véritables marins, sont chargés de pêcher, de ramener la nourriture, cocos, plantains, bananes, etc. La pirogue peut être armé d'un mat et les voilà partis pour de plus longues destinations .

Dans ces petites îles comme ici à Chichimé, l'eau potable n'est autre que de l'eau saumâtre. Un trou est creusé dans l'île et l'eau qui y arrive filtrée par le corail et le sable est quasi douce. Autour du trou, les kunas se lavent et font leur lessive.

 

 

Certains vivent sur ces ilots pour trois mois, puis retournent sur des îles plus grandes comme Carti ou Nargana où les enfants peuvent être scolarisés.

 

 

Nuinudupp

Non loin de Chichime se trouve Nuinudupp, un poil plus grand et composé de plusieurs îlots dont une partie disparaît déjà petit à petit recouverte par la mer, inévitable issue de tous ces petits atolls de rêve. Plusieurs familles vivent ici avec de nombreux enfants. On trouve du pain cuit au feu de bois et nous nous régalons.

 

La pêche s'avère ici fructueuse même s'il faut dénicher les poissons qui se sont repliés à 15 mètres defond pour être au calme. La visibilité est souvent médiocre mais quand il s'agit de trouver des poissons jean luc voit même la nuit ! ! Capitaine, maquereaux, et un énorme snapper que nous ferons en aïoli, un vrai régal, dont nous ferons profiter Massimo un italien et Gitana bien sûr!

Le vent souffle et de superbes vagues cassent sur le reef qui nous abrite heureusement !

 

Sangtupu

 

 

 

 

 

Sangtupu, une île devenue trop petite pour les 1000 habitants qui l'occupent et dont la construction se poursuit depuis des lustres sur l'eau en y entassant des gravas amenés par pirogue du continent. Sangtupu est une île restée relativement traditionnelle où il est difficile de circuler tellement les huttes sont colées les unes aux autres. Chaque Kuna qui se marie se voit attribuer une hutte sur l'île et un bout de terre sur le continent pour y faire son jardin.

Aujourd'hui c'est le jour de la cérémonie de la puberté des jeunes filles et nous arrivons au moment ou tout se transforme en beuverie générale ! La chicha, boisson faite à base de jus de canne fermentée est en partie supplantée par le rhum. Les femmes préparent à manger pour éponger leurs époux noyés dans l'alcool. Presque toutes les femmes portent des molas et c'est un plaisir de les admirer. Par contre, dès que l'on sort un appareil photo on entend " one dollar " et on range l'appareil en vitesse.


Eulogio, instituteur qui a fait ses études à Panama city et aux états unis, nous emmenera à travers l'île, nous guidera dans le musée ou de vrais vieux molas sont suspendus dans la poussière, et nous irons avec lui faire une balade dans les jardins au milieu des bananiers. Les pirogues de Sangtupu font un interminable va et vient avec le continent pour aller chercher de l'eau douce à la rivière, Sangtupu ne pouvant fournir suffisamment d'eau saumâtre pour tous ces habitants.

 

Iritis doit quitter Gitana qui vient de nous transmettre l'email reçu de René, le père de Jean-Luc, nous informant de son arrivée à Nargana, située plus à l'Est.

Iritis retourne sur Nuinudupp pour passer la nuit et dès le lendemain matin nous faisons route sur Nargana.

 

Nargana

Nargana est encore une très grande île, mais ici la tradition a été largement abandonnée pour faire place aux technologies modernes. Rares sont les huttes, ici le ciment a fait son apparition, l'électricité est omniprésente avec un groupe électrogène qui fonctionne non stop, permettant aux habitants d'avoir la télévision, au village d'avoir des cabines téléphoniques, dans les cuisines il n'est pas rare de trouver des cuisinières à gaz et des frigidaires. Ici le pain est souvent fait au gaz et n'a plus le si bon goût du feu de bois.

Les bateaux colombiens approvisionnent, en légumes frais et autres marchandises, les petites échoppes de l'île ce qui permet des appros excellents et excessivement bon marché, ce qui est une aubaine pour beaucoup de voiliers charters qui naviguent uniquement sur les San Blas et récupèrent leurs passagers à Nargana.

René arrive à Corazon de Jésus, l'îlot où se trouve l'aéroport, après 24 heures de transport, via San Sebastian, Madrid, Miami, Panama city ! Un véritable parcours du combattant. L'aéroport est plutôt une piste couverte de touffes d'herbes et bordée de cocotiers, entourée de mer bleue turquoise !

 

 

 

Nous allons tous les trois remonter le " Rio Diablo ", un peu normal après avoir fait " Corazon de Jésus " ! ! et nous en profitons pour emporter lessive, champoing et savon pour un grand nettoyage de printemps à l'eau douce. Nous nous baignons dans la rivière un vrai bain de jouvence ! Plus loin la rivière est interdite aux embarcations motorisées puisque c'est de là que les Kunas de Nargana ont installé une conduite amenant l'eau douce jusqu'au village ou tous possèdent l'eau courante. A Nargana on paye 5 us pour mouiller et moyennant 2,50 us on peut prendre autant d'eau que l'on veut pendant un mois !, du coup on refait le plein !

Green Cay

Enfin les îles de sable blanc et l'eau turquoise sont sous Iritis et René s'en donne à cœur joie. Green cay est magnifique, calme et relativement peu couru. Les hommes vont chasser et ramènent une énorme raie. Le découpage est certainement plus long que le tire de flèche qui l'a achevé, bien qu'elle se soit défendue et que la flèche ne ressemblait plus qu'à un accordéon après la bataille !. Maintenant on a de la raie pour un régiment et pour un moment ! ! En entrée on se fera une oursinade!

 

Hollandes Cayes East

Groupe d'îles assez vaste où nous retrouvons Gitana et une dizaine d'autres voiliers. Une île est habitée par plusieurs familles qui fait pousser des allées de bananiers. Le village et les huttes sont super propres. Dans tous les San Blas nous n'avons pas le droit de ramasser des cocos même tombée par terre, puisqu'elles sont considérées comme la monnaie locale. Victor le responsable de l'île nous fait savoir que si nous désirons quelque chose il n'y a qu'à le lui demander il nous l'offrira volontiers. Mouiller ici n'est pas gratuit et nous devons nous acquitter de 5 us, valable un mois. Victor nous offre un avocat chacun pour notre arrivée.

 

Un barbecue sur la plage où Jean-Luc, René et deux Kunas font un vrai feu sur lequel grille un énorme snapper, fruit de la pêche de l'après midi, rassemble une famille de norvégien et leurs enfants qui auront apporté un Wahoo, Gitana et son poulet qui grille sur le barbecue à gaz, un anthropologue arrivé là sur une barque et ses kunas, loués aux kuna yala pour 40 us par jour.

Les petites îles autour sont jolies et totalement abandonnées. Tous les trois nous faisons à pied le tour de notre île, profitant, par cette chaleur, de quelques bains rafraîchissant.

 

Un peu d'apnée dans la passe où nous observons des requins nourrices et découvrons cachée dans le reef une langouste de taille raisonnable qui finit dans notre assiette. René trouve un triton, mais nous ignorons si cela se mange ou non et personne autour de nous n'arrive à nous renseigner !

 

 

 

Morodup, Hollandes Cayes West

Iritis bouge tout seul vers Morodup. Trusquin nous avait dit que c'était une île sans personne. Effectivement, nous sommes seuls ! mais en fait, l'île a quasiment disparu et les huttes sont inhabitées Plongée et apnées sont au menu. René et moi faisons une plongée bouteille à Morodup. La visibilité est loin d'être excellente mais nous trouvons des conches que René met dans un filet et que nous cuisinerons le soir même. Nous voyons quelques jolis coraux tout de même et nous passons un bon moment, faisant surface dans un éclat de rire ! Jean-Luc récupère René en annexe et je rentre sous l'eau en longeant le reef, très coloré et bien vivant bénéficiant à ce moment là d'une meilleure visibilité mais à 6 - 7 mètres seulement.

 

Hollandes cayes East
René et Jean luc plonge en bouteille avec une visibilité bien meilleure et en profitent pour faire quelques photos. Nous sommes mouillés devant une jolie petite île et avons l'impression d'être les seuls au monde. Tout à coup une étrange activité s'opère à terre. Des Kunas balayent la plage, nettoient, s'affairent. Nous pensons qu'il s'agit là d'une activité quotidienne lorsque regardant au large on voit apparaître un cruise ship de taille moyenne qui mouille bien entendu, juste derrière nous ! On croît rêver ! Les kunas suspendent alors sur des fils, que nous avions pris pour des filets de volley, toute leur collection de molas et attendent le désormais vénéré touriste ! !

A terre avant les touristes nous marchandons les molas au maximum. Une promenade autour de l'île par des chemins, balayés à l'intention des touristes du paquebot, nous mène dans le village et un kuna nous propose des langoustes que René prend pour le diner.

Les touristes débarquent sur la plage, 90 américains, sur un bateau " le levant " battant pavillon français, enfin presque puisqu'il est immatriculé à Mata Utu à Wallis et Futuna, avec équipage français et deux guides naturalistes colombiens. Tout ce petit monde barbotte allègrement dans l'eau turquoise. Leur arrêt est court et je n'ai pas l'impression que la vente de molas fut prolifique ! !

Nargana, again.

 

Gitana qui veut remonter le Rio Diablo, nous attend à Nargana. Iritis en profitepour refaire le plein de légumes, la lessive dans la rivière, la baignade.

 

 

 

Au détour de notre remontée du rio nous découvrons un cimetière kunas. Les tombes sont surmontées d'une croix, mais sur chacune d'entre elles sont déposés les objets chers aux défunts, son assiette, sa tasse, sa canne. Sur celle d'un enfant récemment décédé, ses jouets et objets quotidiens sont présents.

 

 

 

A l'arrivée de René à Nargana, nous avons découvert un restaurant qui devient notre cantine, mais chaque fois le prix monte ainsi que le délai qui devient plus Nous rencontrons ici Adolpho et Alicia. Lui est Italien et elle, américaine. Ils sont aux san blas depuis plus de trois mois, ne savent pas trop ce qu'ils vont faire , c'est-à- dire passer le canal ou rester côté Atlantique… un peu comme nous !

 

Coco Bandero

A Coco Bandero nous retrouvons Adolpho et Alicia, Massimo, et toute une tribu d'italiens. Un grand Barbecue est organisé par la team italienne et nous y sommes conviés. Jean-Luc et René irons chasser et prendrons les plus gros poissons. Adolpho grand pêcheur, entrera dans une compétition avec René et Jean-Luc, disant que demain il prendrait les plus gros à son tour ! ! Le barbecue était génial, tous ces italiens parlaient vite et avec les mains, heureusement !, et seul René était capable de discuter avec eux, il les a même fait chanter ! Un des italiens nous a également interprété, avec une voix de caruso, l'Ave Maria de Schubert, a capella ! Un moment unique au beau milieu des cocotiers, sur une île entourée d'eau bleue, avec le vent et le crépitement des flammes pour unique accompagnement !

La team italienne partant sur Green Cayes nous sommes restés sur ce mouillage un peu agité mais agréable. Adolpho et Alicia partagent notre dîner à bord, René va chasser avec eux pendant que Jean luc est réquisitionné par Chris à bord de Contigo, pour réparer l'ordinateur.

Enfin Gitana nous rejoint et nous refaisons un barbecue. René et moi nous occupons du feu que nous préparons vers 4 heures. Ici pas de bois mis à part les bois de flottages, mais nous trouvons pas mal de bourre de coco et de palmes bien sèches et arrivons à faire repartir le feu d'il y a trois jours, sans allumettes ! de vrai boy scouts !. Poissons en tous genre seront cuits sur le barbecue. Maurizio un colombien, propriétaire d'une marina à Carthagène, exilé au Panama, nous fera goûté un excellent dessert à base de coco. Nous passons un excellent moment à partager les histoires de chacun, même si des clans linguistiques se sont crées, les franco-italo-colombien d'un côté et les américains de l'autre.
Encore une bonne partie de rires…

 

Il est temps pour nous de remonter sur Colon, où René doit être pour prendre son avion à Panama city le 28 mars et nous sommes déjà le 21 mars. Nous quittons, à regret, Coco Bandero et mettons le cap sur Nuinudup.

 

 

René et moi irons à terre à la rame pour aller acheter le si bon pain kuna au feu de bois.Voilà les San blas c'est fini, c'est bien beau, cela a vraiment un petit goût de pacifique et c'est encore, malgré tout, un vrai paradis.

 

 

Linton 22 mars 2004 - Colon 25 mars 2004

Nous faisons escale à Linton, mais là les singes ne se montreront qu'une fois revenu à bord du bateau.

Portobello, ou nous arrivons pour déjeuner est toujours aussi joli et faisons le tour des fortifications. René et jean luc montent jusqu'en haut et reviennent à bord avec un chargement d'oranges amères ou citrons oranges puisqu'ici de toute façon les citrons sont oranges dehors et dedans. Un petit bonhomme sur une pirogue nous vend au moins 8 avocats pour 2 dollars et nous dit qu'ils seront bons dans 5 jours. Il n'avait pas tort ils étaient excellents.

Nous arrivons à Colon, la boucle est bouclée et le compte à rebours à vraiment commencé pour René. Un petit tour à Panama City en voiture de loc ou nous restons bloqués plus d'une heure et demi dans un monstrueux embouteillage, heureusement il y avait la clim. Nous faisons un arrêt dans le parc national ou nous marchons sur le " camino de cruce ", voie empruntée autrefois pour aller du pacifique à l'atlantique. Nous entendons des cris de singes, impressionnant ! Heureusement qu'on ne les a pas vu, ils avaient du coffre ! Nous visitons les écluses de Gatun et de Miraflores, le pont des amériques et le Pacifique ! !

René repart pour les Landes avec une collection de molas, nous retrouvons un Iritis bien vide.

Pour le moment nous avons décidé de ne pas encore passer le canal et de rester encore quelques temps côté atlantique. Nous allons quitter le Panama dans quelques jours pour Providencia une île colombienne qui n'est pas en Colombie !, puis le Honduras, Belize, Guatemala, Mexique et la Floride… Et oui, nous avons encore changé de route ! !

 

Aperçu des écluses du canal de panama

Ecluses de Gatun